Lucky Jo (Michel Deville, 1964)

A sa sortie de prison, un gangster malchanceux se retrouve soupçonné d’un braquage commis par ses anciens complices.

Le mariage entre la fantaisie mélancolique de Michel Deville et la série noire fait merveille. Le cadre du genre canalise l’inspiration du réalisateur et refrène ce sentiment d’arbitraire artificiel qui émane de la majorité de ses films. En dehors d’un ou deux raccourcis, le déroulement du récit garde une certaine logique. Eddie Constantine parfait en gangster fatigué, la musique de Delerue, des trouvailles de mise en scène comme le chien errant et des digressions où l’amitié est filmée comme dans Touchez pas au grisbi sont autant de qualités qui contribuent à faire de Lucky Jo un polar crépusculaire bien plus attachant que les films que Sam Peckinpah a ensuite tournés sur des thèmes analogues.

Une aussi longue absence (Henri Colpi, 1961)

Une femme retrouve un homme qui avait été envoyé dans les camps.

Artificiel, lourd, prétentieux, mortellement ennuyeux à force de lenteur affectée, encore plus ridicule qu’un sketch des Inconnus sur le cinéma d’auteur. L’occasion de vérifier:
1. que l’engouement d’un temps (ce navet reçut la palme d’or et le prix Louis-Delluc) n’est pas toujours destiné à passer à la postérité. Les snobs qui se croient fins en portant aux nues des impostures telles que Weerasethakul ou Sokourov feraient bien d’en prendre de la graine.
2. que Marguerite Duras, qui a écrit le film et qui a marqué chaque dialogue de son navrant sceau, est peut-être ce qui est arrivé de pire au cinéma.
Reste la chanson composée par Delerue et chantée par Cora Vaucaire. Elle est jolie mais elle se passe très bien du film.