1 homme de trop (Costa-Gavras, 1967)

Dans les Cévennes, des maquisards délivrent douze prisonniers mais un intrus s’est glissé parmi eux.

1 homme de trop n’est pas un film « sur la Résistance » mais est un film où la Résistance sert de cadre à l’exploitation de recettes d’écriture conventionnelles (le suspense autour de la botte allemande…) et de procédés spectaculaires (le film est une succession de coups de mains) qui nuisent à la crédibilité et à la justesse des situations représentées. De plus, les ambitions « westerniennes » de Costa-Gavras ne sont pas vraiment concrétisées faute de rigueur dans le découpage (l’introduction est d’une lamentable confusion). Les mouvements d’appareil abondent et ne sont pas toujours justifiés mais engendrent parfois des effets intéressants: ainsi du rapide éloignement de la caméra lorsque le camion poursuivi sort de la route de montagne qui étonne tout en précisant la topographie. Bref, 1 homme de trop est une superproduction qui se laisse regarder, notamment parce que son rythme est haletant, mais qui ne joue pas dans la même catégorie que L’armée des ombres.

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Le pélican (Gérard Blain,1974)

Après un séjour en prison, un homme est empêché de voir son fils par sa mère et son nouveau mari, richissime.

Le pélican est un beau mélodrame viril. Derrière une carapace bressionnienne, la sensibilité de l’auteur y brûle. Combien de cinéastes se sont filmés entrain de pleurer en gros plan sans que leur dignité n’en souffre? Je vois Clint Eastwood vingt ans plus tard et c’est tout. Ceci dit, le scénario aurait pu être mieux travaillé. En effet, les scènes où le héros espionne la nouvelle famille de son fils redondent entre elles, surlignent le propos et altèrent le rythme du récit.

Jusqu’au bout de la nuit (Gérard Blain, 1995)

Un malfrat en rupture avec la société tombe amoureux d’une jeune mère célibataire et l’entraîne dans sa cavale…

Un film raide. La littéralité des dialogues sur la société pourrie, l’abstraction des scènes d’action qui peut aller à l’encontre du réalisme le plus élémentaire (on dirait que la fusillade finale est mise en scène par un enfant qui joue à Scarface) et le schématisme du drame sont autant d’artifices qui dénotent l’arbitraire ayant présidé à la conception de l’oeuvre et qui rendent sensible une volonté de tragique plus que le tragique lui-même. Pourtant, « arbitraire » ne signifie pas ici « absence de sincérité » et Jusqu’au bout de la nuit parvient à émouvoir par la franchise même de son discours désespéré ainsi que par l’expressivité naturelle de Gérard Blain acteur qui, vieillissant, avait quelque chose d’un Clint Eastwood à la Française.

Poussière d’ange (Edouard Niermans, 1986)

Un flic largué par sa femme s’attache à une jeune paumée et enquête sur une série de meurtres de notables.

Sans être exceptionnel, Poussière d’ange est un bon polar à la française. Le scénario contient quelques coïncidences faciles mais l’ambiance techno-poisseuse (excellente B.O. qui fleure bon les années 80) est assez réussie et le tout est rehaussé par l’excellente prestation de Bernard Giraudeau en flic au fond du trou.