Tranches de vie (François Leterrier, 1985)

Film à sketches tendance réac écrit par Lauzier.

A part le sketch avec Martin Lamotte en bigame écartelé entre Anémone et Marie-Anne Chazel, c’est très mauvais. Tellement moche et paresseux dans l’écriture que le spectateur peut légitimement se sentir méprisé.

Les rois du gag (Claude Zidi, 1985)

Deux jeunes auteurs comiques sont engagés par un roi de la télévision qui a peur de devenir ringard.

Servi par la vitalité des acteurs, le déchaînement burlesque rendu possible par l’intrigue méta-cinématographique est réjouissant et cent fois plus drôle que la somme des intégrales de Tati et Etaix mais dès que ça commence à vouloir approfondir les personnages et à développer une vision sur le conflit entre culture populaire et culture d’élite, c’est moins convaincant car perpétuellement caricatural. Pas grave.

Les 1001 nuits (Philippe de Broca, 1990)

A Bagdad, une jeune fille condamnée à mort par le sultan invoque un savant qui fut téléporté dans le Londres contemporain pour la sortir des périlleuses situations où elle est entraînée.

Une sympathique fantaisie qui ne se prend pas au sérieux mais dont le rythme et le dynamisme sont, surtout dans la première partie, entraînants. Au bout d’un moment, les péripéties se font répétitives et la ringardise des effets spéciaux lasse…Mais peu importe car, en 1990, Philippe de Broca avait toujours très bon goût en matière de femmes. Catherine Zeta-Jones, 19 ans, est à peu près sublime. Merci à lui de l’avoir lancée au cinéma.

Pour 100 briques t’as plus rien (Edouard Molinaro, 1982)

Motivés par l’actualité, deux chômeurs braquent une banque.

C’est drôle, piquant, bien rythmé, les acteurs sont fort sympathiques et l’esprit anarchiste des séquences à la banque surprend agréablement avant que la fin n’enlève la réjouissante ambivalence qui les nimbait pour clairement faire pencher la balance vers une morale du genre « tout le monde est pourri, sachons en tirer parti ». C’est quand même pas mal du tout.

Les petits câlins (Jean-Marie Poiré, 1977)

Une jeune mère divorcée vit en colocation avec ses copines et séduit des hommes…

Un découpage hasardeux et la platitude de certains dialogues n’empêchent pas ce premier film de Jean-Marie Poiré de demeurer plutôt attachant grâce à la justesse du ton, comique mais pas trop, à l’empathie de l’ancien chanteur des Frenchies pour ses héroïnes prolo-rockeuses et à la simplicité concrète et, mine de rien, novatrice avec laquelle il inverse le stéréotype du play-boy. La jeune et belle Dominique Laffin, dont la biographie résonne de façon troublante avec celle de son personnage, donne une présence émouvante à cette femme écartelée entre sa soif de sexe et un romantisme fondamental. Autour d’elle, Josiane Balasko, Caroline Cartier et Rogier Mirmont sont impeccables. La mise en scène est inégale mais le plan des retrouvailles dans le jardin d’une maison de banlieue révèle une certaine sensibilité de la part du réalisateur.

Le garde du corps (François Leterrier, 1984)

Le comptable d’une agence matrimoniale, amoureux d’une cliente, sabote la lune de miel de cette dernière, pensant qu’elle s’est mariée à un Landru…

Une comédie nulle (indigence totale de l’écriture) et de surcroît déplaisante dans la mesure où, après avoir tenté de nous faire rire de la bassesse du personnage principal (cette scène hallucinante où il roule sur les jambes d’un touriste), les auteurs en font un héros avec lequel on devrait partager la joie du triomphe.