Le coupable (Raymond Bernard, 1937)

Un avocat général qui a mis une fleuriste enceinte avant de partir à la guerre retrouve son fils naturel 20 ans plus tard sur le banc des accusés…

Le formalisme baroque de la mise en scène (éclairages hyper-sombres, cadrages inclinés, mouvements d’appareil…) s’avère en définitive stérile car il ne subvertit pas la mièvrerie d’un récit mélodramatique qui en reste au niveau de l’anecdote (celle-ci particulièrement improbable).

L’entraîneuse (Albert Valentin, 1938)

Lors de vacances sur la côte d’Azur, une entraîneuse se lie avec les enfants d’un homme d’affaires.

Albert Valentin et Charles Spaak ont désamorcé les éventuels paroxysmes mélodramatiques d’une intrigue somme toute conventionnelle pour mettre en relief ses aspects psychologiques et sociaux. Voir par exemple comment l’impact dramatique de la révélation centrale est différé, dilué, comment se greffent sur cette révélation des rebondissements logiques jusqu’à ce qu’elle se fonde complètement dans un récit plus important qu’elle. Le spectateur a alors oublié le caractère ahurissant de la coïncidence. La sobriété toute classique (et non pas académique comme en témoigne la souplesse du découpage) de la mise en scène et l’interprétation génialement sympathique de Tramel dans le rôle du salaud de service empêchent également le règne du pathos. Au final, L’entraîneuse apparaît comme un beau drame de la résignation peu à peu envahi par un climat de mélancolie dans lequel le visage de Michèle Morgan fait office de soleil d’hiver. Bon film.

Nous les gosses (Louis Daquin, 1941)

Des écoliers oublient leurs disputes pour collecter l’argent nécessaire à la réparation d’une verrière cassée par un camarade maladroit.

Louis Daquin est plus connu pour son engagement au P.C.F et son zèle lors de l’épuration que pour son œuvre de cinéaste. En 1941, l’URSS est encore alliée avec l’Allemagne et ce film, le premier du réalisateur, qui fait l’apologie du travail et des copains permet de voir que la morale communiste et la morale vichyste se rejoignent en fait assez facilement. Mais pourquoi pas après tout? On a bien le droit de défendre le travail et la solidarité. Le problème est que l’importance du « message » rend le scénario franchement grossier. Le film n’est pas aidé par la fantaisie en carton des seconds rôles (navrant personnage de Pierre Larquey). Heureusement la vivacité des gamins contrebalance cela. On retrouve un peu du charme de La guerre des boutons mais quelque peu écrasé par les intentions moralisatrices.