Faiblesse humaine (Sadie Thompson, Raoul Walsh, 1928)

Sur une île du Pacifique, une ancienne chanteuse courtisée par la soldatesque est prise en grippe par un activiste puritain.

La nature du pouvoir et la motivation du puritain lorsqu’il refuse l’expulsion à Sydney auraient gagné à être précisées mais, mené par un grand duo d’acteurs apte à restituer toute la complexité évolutive de leurs personnages et doté d’une mise en scène expressive et riche de détails qui transfigure la quasi-unité de lieu, Sadie Thompson n’en demeure pas moins un très bon film de Raoul Walsh.

L’impudente (Indiscreet, Leo McCarey, 1931)

Une femme tente de préserver sa petite soeur des assiduités de son ancien amant, coureur patenté.

Les tares typiques des débuts du parlant que sont le statisme et la lenteur de la mise en scène sont compensées par la finesse de la dialectique entre attirance charnelle et gravité des sentiments qui préfigure les plus beaux chefs d’oeuvre de Leo McCarey (Elle et lui…). De plus, Indiscreet est l’occasion de revoir la délicieuse actrice de Solitude, Barbara Kent.

Why change your wife? (Cecil B. DeMille, 1920)

Une épouse est réticente à faire l’amour avec son mari. Bien qu’amoureux, son mari va donc voir ailleurs.

Autour de 1918-1920, Cecil B.DeMille a pour ainsi dire inventé la comédie de remariage, ce genre qui allait fleurir à Hollywood dans les années 30 via de merveilleux classiques signés Capra, Lubitsch ou encore McCarey. Il l’a fait en insufflant à des histoires dont les ficelles étaient celles du théâtre de boulevard français sa conviction morale. Il l’a fait avec une foi typiquement américaine dans ce qu’il racontait voire professait. Mais DeMille n’est-il pas le plus américain des cinéastes?

Why change your wife? est ainsi une comédie-fable dans laquelle l’auteur analyse le couple américain avec un sens de l’observation et une attention au détail dignes de Billy Wilder. A la différence du brillant Autrichien, DeMille s’intéresse au comportement de la femme plus qu’à celui de l’homme. Ses enseignements sont éternels et déjouent les idées reçues en montrant qu’un puritain sait, quand il le faut, faire l’apologie du sexe. Très bon.