Maître Samuel (Victor Sjöström, 1920)

Un prêteur sur gages acariâtre et méprisé par sa communauté s’entiche d’une jeune fille fiancée à un marin joueur…

Ce n’est pas sur le ton de la comédie que Victor Sjöström a traité ce sujet cher à Molière et Dino Risi mais avec un mélange de tendresse retenue et de discrète cruauté. Sa mise en scène sophistiquée – avec notamment une belle utilisation de la profondeur de champ et des surcadrages- restitue les nuances psychologiques aussi bien qu’elle brosse le tableau de moeurs de la ville portuaire où se déroule l’action. Avec Maître Samuel, l’auteur des Proscrits et de Terje Vigen réalise encore une fois un très bon film, admirable de justesse et de maîtrise.

Le testament de Sa Grâce (Victor Sjöström, 1919)

Un vieux seigneur conditionne l’héritage de sa descendante à son mariage…

Comédie sans intérêt, prétexte au numéro d’une vedette du théâtre royal du Danemark: Karl Mantzius qui n’a pas fait carrière au cinéma et ça se comprend. Sjöström est moins doué que Stiller pour les comédies: il n’a pas sa légèreté versatile.

Dans les remous/Le chant de la fleur écarlate (Mauritz Stiller, 1919)

Amoureux d’une fille de ferme, le fils d’un propriétaire terrien quitte le domaine familial et devient flotteur de bois…

La nature n’est pas sublimée par la prise de vue comme elle a pu l’être dans d’autres films suédois, plus lyriques, de l’époque. Forêts, collines et torrents se contentent d’être le cadre réaliste d’un récit hautement moral agrémenté de plusieurs scènes pittoresques au premier rang desquelles figure une fameuse course dans les rapides.

La quatrième alliance de dame Marguerite (Carl Theodor Dreyer, 1920)

Au XVIème siècle, pour obtenir une paroisse, un candidat au pastorat récemment fiancé doit épouser la veuve du pasteur, vieille dame qui a usé trois maris…

Un petit chef d’œuvre d’équilibre où la drôlerie n’a d’égale que la tendresse, la sophistication plastique n’a d’égale que la vitalité des comédiens, la beauté des jardins ensoleillés n’a d’égale que celle des visages et le sentiment de plénitude provoqué par la conclusion n’a d’égal que le mystère et la subtilité du déroulement. La quatrième alliance de dame Marguerite est peut-être le film le plus attachant de Dreyer.

 

La fille de la tourbière (Victor Sjöström, 1917)

Une fille-mère est embauchée par une propriétaire et son fils…

Il y a quelques invraisemblables facilités narratives mais l’intérêt est rehaussé par la dignité du ton et la représentation de la communauté campagnarde, d’un réalisme pittoresque. De plus, l’aisance et l’inventivité du réalisateur sont encore une fois à noter. Ici, son utilisation de la profondeur de champ notamment m’a semblé stupéfiante, compte tenu que le film est sorti en 1917.

Le livre de Selma Lagerlöf fut également adapté par Douglas Sirk en 1935.