Les sous-doués en vacances (Claude Zidi, 1982)

Après le bac, Bébel part dans le Sud rejoindre son amoureuse enlevée par un producteur de musique.

Rares sont les comédies françaises à ne s’appuyer ni sur la satire (tendance Splendid) ni sur l’observation des moeurs (tendance Pascal Thomas) ni sur la démagogie  moralisatrice (tendance contemporaine) mais à viser la loufoquerie pure. C’est justement le cas des Sous-doués en vacances et la cible est atteinte grâce à une avalanche de gags divers et variés dont le nombre gigantesque, déroulé sur un rythme endiablé, permet à la comédie de faire souvent mouche: le spectateur rit très souvent donc le film est une réussite rare. Si tous ces gags ne se distinguent certes pas par leur élévation d’inspiration, ils témoignent d’une invention concrète et comique qui font de Claude Zidi et de son co-scénariste le mac-mahonien Michel Fabre d’authentiques burlesques français, aux antipodes du maniérisme mort-né de Tati et Etaix. La fantaisie dadaïste de la scène du requin en plastique est digne d’un Toi c’est moi. Le jeune Daniel Auteuil, acteur comique formidable car n’ayant jamais peur du ridicule, est aussi pour beaucoup dans cette réussite.

Cousin cousine (Jean-Charles Tacchella, 1975)

S’étant rencontrés à un mariage où leurs conjoints ont couché ensemble et faisant désormais partis de la même famille, un homme et une femme nouent une amitié de plus en plus amoureuse.

Un film très déplaisant. Oeuvre irresponsable, Cousin cousine n’est rien d’autre qu’une apologie de l’égoïsme pulsionnel. Ce qui est scandaleux n’est pas tant qu’une femme abandonne son enfant pour aller s’enfermer avec un homme marié dans une chambre d’hôtel de passe mais l’absence de point de vue affirmé de Jean-Charles Tacchella sur cet acte. Pas assez précise dans ses observations pour être satirique, dénuée de lyrisme romantique comme de sensualité érotique, la mise en scène se cantonne à l’étalage complaisant d’une médiocrité généralisée. Un exemple: une fois enfermés, les amants sont plus souvent montrés entrain de médire sur leurs conjoints trompés qu’entrain de faire l’amour! Comment alors s’identifier à eux, éprouver une quelconque sympathie à leur encontre?

La mauvaise post-synchronisation, la relative médiocrité des acteurs (sauf Guy Marchand) et la plate rigidité des cadres font apparaître des séquences de groupe se voulant renoiriennes comme très mécaniques. Par-dessus tout, la très envahissante musiquette façon cirque ôte toute vérité dramatique et laisse penser -par exemple dans la séquence où Guy Marchand s’empare d’un pistolet- que l’auteur lui-même se foutait pas mal de ses personnages et de ce qu’il était censé mettre en scène.

Noyade interdite (Pierre Granier-Deferre, 1987)

Pour y enquêter sur une série de meurtres, un inspecteur revient dans une station balnéaire où il a vécu.

L’intrigue policière est un peu incompréhensible mais les nombreux personnages de cette ville côtière assurent un certain tissu romanesque et les filles -Elisabeth Bourgine, Marie Trintignant, Gabrielle Lazure -sont jolies.

 

P’tit con (Gérard Lauzier, 1984)

Agé de 18 ans, un fils de bourgeois pétri d’idées gauchistes quitte le domicile de ses parents…

Peut-être le meilleur film de Gérard Lauzier. D’abord, le satiriste est en verve et le spectateur se marre bien. Ensuite, son éternel cynisme n’empêche pas une certaine tendresse pour les personnages d’affleurer ici et là. Enfin, pour une fois, le récit va jusqu’au bout de sa logique et les contradictions soulevées ne sont pas artificiellement escamotées à la fin. Bref, la justesse et la fantaisie l’emportent sur le prêt-à-penser réac.

La tête dans le sac (Gérard Lauzier, 1984)

Un riche publicitaire parisien qui vient d’avoir 50 ans s’entiche d’une jeune fille délurée…

Comédie de moeurs assez sinistre de par ses couleurs glaciales et le cynisme mou qui résulte de son récit. Quelques notations sociologiques de Lauzier sont bien senties et préfigurent parfois Houellebecq mais une paresse certaine de l’écriture résout conventionnellement les contradictions internes de l’intrigue plutôt que de les développer dans une véritable confrontation dialectique. Le mordant satirique de l’oeuvre s’en trouve émoussé. Après Les Diplômés du dernier rang et avant P.R.O.F.S, le jeune Patrick Bruel, en parfaite tête à claque, rappelle quel savoureux acteur comique il aurait pu devenir. Fanny Bastien est très jolie.

L’hôtel de la plage (Michel Lang, 1978)

Pendant les vacances, marivaudage des différentes générations dans un hôtel breton.

Une comparaison avec l’excellent Chaud lapin permet de mettre le doigt sur ce qui cloche dans le soi-disant chef d’oeuvre de Michel Lang. Du strict point de la mise en scène, l’homonyme de Fritz s’avère pour le moins désinvolte. Son découpage à la hache a le double inconvénient de rendre l’exposition difficilement compréhensible et d’exacerber l’artifice de l’écriture. A contrario, les plans longs et articulés avec souplesse de Pascal Thomas décuplaient le naturel (à ne pas confondre avec « naturalisme ») de la représentation. Si ce rythme, fatigant au début, était soutenu par une verve comique endiablée, il apparaîtrait moins hors de propos. Malheureusement, il fait plutôt office de cache-misère tant les gags -faciles et parfois efficaces- sont paresseusement développés.

Paresse et complaisance sont d’ailleurs les deux mamelles de L’hôtel de la plage. En guise de récit, un catalogue de clichés sociologiques est donné à manger à une usine à conventions. L’absence de tout point de vue, donc de toute regard moral, sur les actions des personnages fait naître une complaisance déplaisante vis-à-vis de l’adultère. Pour tout dire, ces personnages, ravalés au rang de machines pulsionnelles, sont assez méprisés. Une seule séquence extrait les personnages de cette gangue naturaliste et sordide. C’est celle de la fuite en décapotable sur la plage. C’est la plus belle du film. Des actrices parfois jolies, la multiplicité des protagonistes et l’inévitable effet-miroir d’une oeuvre dont la plus haute ambition est que chaque spectateur s’y retrouve, font que L’hôtel de la plage reste, en dépit de sa vulgarité (ou grâce à celle-ci), de sa laideur et de ses grosses ficelles, assez distrayant.

Le maître-nageur (Jean-Louis Trintignant, 1978)

Une femme vénale fait en sorte que son mari soit engagé comme maître-nageur par un multi-milliardaire.

Comédie « absurde » dont la répétitive incongruité des situations dépasse rapidement le seuil de tolérance du spectateur normalement constitué. On peut rapprocher ça de la fantaisie paresseuse et arbitraire de Michel Deville.

Vaudeville (Jean Marboeuf, 1985)

Un quadragénaire marié depuis vingt ans envie son meilleur ami cavaleur…

Noir et blanc esthétisant, personnages qui théorisent leurs sentiments mais qui ne vivent jamais, musique d’ascenseur… Vaudeville s’annonçait vu sa distribution (Guy Marchand, Jean-Marc Thibault, Roland Giraud…) et son sujet comme une agréable comédie de moeurs mais c’est en fait une prétentieuse et fort sinistre dissertation filmée.

L’acrobate (Jean-Daniel Pollet, 1976)

Suite officieuse du merveilleux L’amour c’est gai, l’amour c’est triste. Léon, le personnage récurrent des films de Pollet, se met ici au tango. Le comique est donc ici plus visuel, plus ouvertement influencé par le burlesque américain. Les scènes de danse remplacent les tirades de Marielle. Et on y perd pas mal. Claude Melki a beau être aussi inexpressif que Buster Keaton, ses gagmen -si gagmen il y eut- n’avaient certainement pas le talent de ceux de l’homme qui ne souriait jamais. De plus, dans la mesure où Léon n’a pas évolué d’un iota par rapport au précédent film -c’est toujours le même personnage de timide maladroit avec les filles-, L’acrobate souffre d’un fort ennuyeux air de déja-vu.