Daïnah la métisse (Jean Grémillon, 1931)

Au cours d’une croisière, l’épouse métisse et aguicheuse d’un illusionniste noir disparaît…

D’abord, il faut savoir que Dainah la métisse fut charcuté au-delà du raisonnable par son distributeur et que le montage de 50 minutes, le seul visible aujourd’hui, a été renié par l’auteur. Ceci étant dit, le film se tient et l’histoire, superficielle et mystérieuse, reste intelligible. C’est un mélodrame policier à la trame très classique qui aurait été carrément banal s’il n’avait représenté des Noirs. Ce qui frappe aujourd’hui, c’est le regard que pose Grémillon sur ces personnages: un regard digne et droit, ni condescendant ni paternaliste. A ceux qui me rétorqueront qu’il n’y a là pas de quoi faire tout un foin, je leur rappellerai que ce film est sorti la même année que Tintin au Congo.