Hitler, un film d’Allemagne (Hans-Jürgen Syberberg, 1978)

Hans-Jürgen Syberberg veut restituer la fascination qu’exerça Hitler et le rêve qu’il entretint chez les Allemands mais, pour ne pas sombrer dans la propagande, utilise des procédés de distanciation qui donnent à son film une allure de dissertation semi-délirante. Concrètement, pendant sept heures et demi, marionnettes et tirades logorrhéiques se succèdent sur fond de morceaux de Wagner et Mahler ressassés. La lecture d’un bon livre d’histoire (comme la biographie de Kershaw) ou la vision d’un opéra de Wagner (on a le temps d’en voir deux) sont plus nourrissantes que ces émanations d’un cerveau aussi confus que celui de Jean-Luc Godard.