Samson (Maurice Tourneur, 1936)

Un homme d’affaires riche et véreux s’éprend d’une aristocrate qu’il épouse…

La sécheresse du style de Maurice Tourneur (voir les ellipses du montage) fait tendre ce mélodrame théâtral vers l’étude de caractères. Le regard du cinéaste sur ses personnages est tendre mais implacable. Gaby Morlay qui peine à se départir de sa sympathique vulgarité n’est guère crédible en aristocrate mais la prestation de Harry Baur défie l’entendement tant elle obscurcit la limite entre flamboyance du jeu et cabotinage éhonté. On lui doit les meilleures scènes de ce film, un film qui est plutôt pas mal.

Mélo (Paul Czinner, 1932)

Une femme tombe amoureuse du meilleur ami de son mari.

Le canevas issu d’une pièce de théâtre signée Henri Bernstein (qui sera plus tard réadaptée par Alain Resnais) est donc basique mais il est transfiguré par la finesse du découpage et de la direction d’acteurs. La séquence qui voit naître les sentiments illégitimes est superbe de vérité humaine et sa réussite permet de croire à la suite des péripéties, péripéties parfois conventionnelles. Gaby Morlay trouve là un de ses plus beaux rôles. Le rythme est languide.