Hercule (Alexandre Esway et Carlo Rim, 1938)

Un pêcheur provençal hérite d’un grand journal parisien…

Pantalonnade dont le sujet et la distribution promettaient mais qui s’avère gâchée par la pauvreté de son écriture.

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Jofroi (Marcel Pagnol, 1933)

Dans un village provençal, un vieil homme qui a vendu son verger refuse que l’acheteur coupe les arbres.

C’est le premier film réalisé par Marcel Pagnol et tout l’univers du maître est déjà en place. Il y a d’abord la troupe de comédiens méridionaux qui reviendra de film en film pendant vingt ans, les formidables Poupon et Blavette en tête. Il y a ensuite le village et les paysages arides de la Haute-Provence qui fournissent un cadre d’une présence inouïe à l’histoire racontée. La truculence des premiers alliée à l’authenticité des seconds fait que Jofroi est un film d’un naturel sans commune mesure dans le cinéma français de l’époque. Il y a l’irrésistible drôlerie des répliques que s’envoient des personnages bavards et en perpétuelle représentation, pagnolesques en un mot. Enfin, l’anecdote tirée -déjà- de Giono a la simplicité et la profondeur éternelle d’une fable. De plus, ne dépassant pas cinquante minutes, Jofroi est un film de Pagnol d’une rare concision. Avec ce lumineux concentré d’humanité, Marcel Pagnol inaugurait superbement une oeuvre cinématographique parmi les plus essentielles qui aient été.

Merlusse (Marcel Pagnol, 1935)

Ce moyen-métrage racontant une nuit de Noël dans un pensionnat marseillais est une pure merveille de tendresse et d’humanité. Chaque personnage, enfant ou adulte, est caractérisé de façon très simple et très juste. Rien n’est lénifiant dans ce grand petit film car quel drame plus terrible que des enfants oubliés par leurs parents le jour de Noël? Le trait n’est cependant jamais forcé, l’oeuvre étant équilibrée par un charmant humour enfantin. Les petits héros qui espèrent des retrouvailles jusqu’au dernier moment sont en même temps très lucides et Pagnol montre ainsi la dure réalité du monde extérieur. Grâce a cet ancrage réaliste, l’émerveillement final est redoublé; car Merlusse est un conte, sans doute le plus beau conte de Noël du cinéma français. Et à ce titre, il se clôt par un enchantement. Les acteurs, Henri Poupon dans le rôle-titre en tête, sont tous formidables. La mise en scène de cet immense conteur qu’était Marcel Pagnol est admirablement épurée, entièrement au service des personnages: pas la moindre fioriture décorative qui détournerait l’attention du spectateur de la narration. Enfin, les ritournelles de Vincent Scotto sont particulièrement touchantes et ajoutent à la réconfortante émotion distillée par ce chef d’oeuvre injustement méconnu.