Convoi vers la Russie (Action in the North Atlantic, Lloyd Bacon, 1943)

Des marins américains dont le navire a été coulé par un sous-marin allemand se rengagent dans un convoi qui achemine des ressources en Russie.

Grâce à la débauche de moyens employés, le premier naufrage est assez spectaculaire mais ce film de propagande est didactique jusque dans ses moindres détails, exagérément long et donc absolument ennuyeux.

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Monsieur Dodd part à Hollywood (Stand-In, Tay Garnett, 1937)

Le vice-président d’un trust de la côte Est part à Hollywood pour auditer un studio de cinéma qui appartient au groupe.

Le vice-président obsédé par les chiffres jusqu’à l’autisme est excessivement caricatural et nuit à la vraisemblance de la comédie. D’une façon générale, le trait est épais. L’inévitable romance est téléphonée et le message social-démocrate de la fin trop naïvement asséné pour être honnête. Heureusement, le film abonde en personnages secondaires loufoques, en trouvailles visuelles et en répliques vachardes. La satire du milieu du cinéma vise large et fait souvent mouche. Sans être un fleuron de la comédie américaine des années 30, Stand-in est donc un film qui demeure amusant. C’est le genre de spectacle dont à la sortie de la salle, on cite plusieurs scènes en riant.

Up the river (John Ford, 1930)

Un jeune homme de bonne famille emprisonné suite à une bagarre qui a mal tourné tombe amoureux d’une co-détenue.

Ceci n’est que le bref aperçu d’un récit particulièrement décousu. Il y a un mélange de gravité et de comique typiquement fordien. Up the river marque la première apparition à l’écran de deux futures stars: Spencer Tracy et Humphrey Bogart. Si le cabotinage de Tracy s’avère convaincant, Bogart dans un rôle de fils de bonne famille à l’opposé de ceux qui le rendront célèbre dix ans plus tard est loin de crever l’écran. Son total mépris de toute vraisemblance, alors que la marque des plus beaux films de Ford (Convoi des braves, Soleil brille pour tout le monde… ) est de parvenir à rendre crédibles les utopies du cinéaste, empêche de toute façon Up the river d’être considéré comme autre chose qu’une curiosité.

Dernier round (Kid Galahad, Michael Curtiz, 1937)

Un film anodin, très conventionnel, qui se suit sans déplaisir grâce aux vedettes qui font leur numéro habituel (Edward G.Robinson, Bette Davis, Humphrey Bogart) et au savoir-faire de Curtiz qui filme avec une égale virtuosité combats de boxe et réceptions mondaines. Ses travellings sont décidément fabuleux. L’ensemble est peut-être un peu trop long pour une histoire aussi calibrée. On notera cependant un plan final étonnamment pessimiste alors que le film aurait tout aussi bien pu se terminer par une happy-end.

Les ruelles du malheur (Knock on Any Door, Nicholas Ray, 1949)

Ca s’annonce comme un vilain film à thèse, lourde démonstration de cette idée du XIXème siècle comme quoi le délinquant est le produit de la société. Mais au fur et à mesure des flash-backs retraçant l’histoire de ce jeune accusé de meurtre, Nicholas Ray individualise ses personnages. Ainsi, le film devient intéressant, il se singularise à partir du moment où le voyou s’éloigne de son environnement socio-familial très stéréotypé pour trouver l’amour. C’est que l’auteur des Amants de la nuit filme les jeunes couples en marge de la société comme personne. Grâce à des interprètes impliqués, une écriture simple et deux ou trois superbes gros plans, il ancre ses tourtereaux dans un quotidien tout en les sublimant. Par ailleurs, les relations entre le jeune héros (John Derek à ses débuts) et l’avocat-éducateur joué par Humphrey Bogart s’éloignent peu à peu du déterminisme sentimentalo-sociologique qui prévaut dans les mauvais films sur le même sujet. Le metteur en scène montre clairement la violence de leurs rapports lorsque Bogart n’hésite pas à plaquer John Derek au sol pour récupérer son argent volé. Au rayon des regrets, il y a aussi la partie du film consacrée au procès, trop longue et redondante comme c’est souvent le cas pour ce genre de séquence malgré la plaidoirie inspirée de Bogart. En revanche, la fin donne au film une grandeur tragique inattendue.
Bref, grâce au lyrisme douloureux insufflé par Nicholas Ray, Les ruelles du malheur est autant le portrait lucide mais compatissant d’un être faible qu’un réquisitoire certes pas très fin contre « la société ».

Key Largo (John Huston, 1948)

Déçu. Une histoire qui réutilise grossièrement les recettes qui ont fait le succès de Humphrey Bogart qui joue encore son sempiternel personnage de désabusé qui s’engage à nouveau pour les beaux yeux de Lauren Bacall. Le personnage d’Edward G.Robinson, un petit césar 20 ans après, n’est malheureusement pas plus intéressant tant sa psychologie est peu nuancée. C’est relativement statique pour un film du genre, empesé et bavard. Bref, plutôt chiant dans l’ensemble.