Les quatre cavaliers de l’Apocalypse (Vincente Minnelli, 1962)

Une famille argentine d’origine européenne se déchire lorsqu’éclate la seconde guerre mondiale.

« Grandiose » est un terme qui sied parfaitement à ce remake du classique muet avec Rudolph Valentino. Vincente Minnelli s’en donne à coeur joie. Le Cinémascope-couleurs est plus que flamboyant, la mise en scène ouvertement expressionniste, la théâtralité complètement assumée. Plusieurs magnifiques morceaux de bravoure, au premier rang desquels la mort du patriarche foudroyé par une crise cardiaque une nuit d’orage après un terrible discours annonçant le drame qui va s’abattre sur sa famille, sont à faire figurer dans l’anthologie du cinéaste.

Néanmoins ce style rococo -clinquant diraient peut-être certains- ressemble parfois à un éclatant vernis uniformément appliqué sur un matériau fondamentalement déséquilibré. Le récit, riche d’enjeux dramatiques, manque d’unité. Les différentes intrigues sont liées uniquement par l’artifice symbolique et lourdaud des quatre cavaliers du titre. A ce problème s’ajoute celui d’une distribution prestigieuse mais inégale. Glenn Ford peine à être crédible en dandy contraint de s’engager. Le foisonnement narratif et l’ultra-dramatisation de la mise en scène ne camouflent donc pas complètement la superficialité des Quatre cavaliers de l’Apocalypse.

Cette fresque spectaculaire au sens le plus pur du terme est tout de même assez impressionnante pour être vue sans ennui. Ce qui pour un film durant deux heures et demi n’est pas un mince compliment.

La guerre est finie (Alain Resnais, 1965)

Les interrogations existentielles d’un militant communiste espagnol en exil à Paris.

Un film aussi excitant que le laisse présager ce sujet. C’est guindé, dévitalisé, théorique et finalement très marqué par son époque. Montand, déja moyennement crédible chez Carné ou Clouzot, est carrément gênant à écouter quand il récite de grandes phrases sur la révolution et la fin des idéaux. Tout apparaît alambiqué, bêtement complexe. Ainsi des séquences surdécoupées qui surlignent l’intention de faire de l’aaaaaart mais n’expriment pas grand chose. Ainsi des phrases pompeuses sur la révolution qui surlignent l’intention de faire un film « intelligent ». Tout simplement irregardable.