Feu Mathias Pascal (Marcel L’Herbier, 1926)

Ayant gagné une fortune au casino après avoir quitté son foyer, un homme se fait passer pour mort.

Paradoxalement, Marcel L’Herbier, cinéaste amphigourique par excellence, insuffle une certaine fluidité dans le déroulement du récit adapté d’un roman de Pirandello des plus alambiqués. Moins par moins égal plus, par la grâce du cinéma. Le réalisateur signe ici un de ses mises en scènes les plus maîtrisées, ayant assez peu recours aux cartons pour raconter son histoire. Il s’agit d’un de ses films « assagis » donc même s’il y a bien sûr quelques moments d’un symbolisme artificiel et grotesque, des surimpressions bêtasses et un flashback inutile, sur 2h40 de projection, ces coquetteries ne représentent qu’une portion presque négligeable.

Le principal problème de Feu Mathias Pascal est en fait d’ordre scénaristique: si la première partie est pas mal, sa deuxième partie, à partir du retour de Mathias à Rome, étire un triangle amoureux des plus manichéens au-delà du raisonnable. Le jeu de Ivan Mosjoukine alterne entre son habituelle impassibilité cireuse et des grimaces outrées lorsqu’il s’agit de figurer une grande émotion.

Michel Strogoff (Victor Tourjansky, 1926)

Le tsar envoie un officier derrière les lignes tatares pour rétablir les communications russes…

Certes, cette superproduction fertile en morceaux de bravoure et effets de montage est un des films où Tourjansky affirme le plus clairement sa maîtrise du cinéma, pas du tout évidente à déceler dans Calvaire d’amour ou Volga en flammes. Il n’en reste pas moins que les péripéties assommantes et les scènes de longueur excessive sont bien trop nombreuses. En dépit des couleurs au pochoir, des jolis paysages enneigés filmés en Lettonie, des charges de cavalerie et des courses-poursuites, les trois heures de Michel Strogoff sont donc dures à enquiller !

La dame de pique (Yakov Protazanov, 1916)

Un officier séduit une jeune fille pour soutirer un secret de jeu à sa grand-mère.

Bonne adaptation de la nouvelle de Pouchkine. Le découpage est assez inspiré et la photographie sophistiquée, exploitant remarquablement contrastes et fumée. Vingt ans plus tard, le scénariste Fedor Ozep réalisera sa propre version.