L’accroche-coeur (Pierre Caron, 1938)

Pour la séduire et l’entretenir, un homme dérobe l’argent d’une aventurière…

Cette adaptation d’une pièce de Sacha Guitry dont l’auteur se désintéressa de la réalisation à cause de sa rupture avec Jacqueline Delubac fait penser à une sorte de Canada Dry guitriesque: les ingrédients sont là mais l’effet est absent. La trame -le voyage au cours duquel un homme et une femme tombent amoureux- évoque le merveilleux Bonne chance! mais, malheureusement, Henry Garat paraît très terne à côté du comédien Guitry, la lumineuse Jacqueline Delubac est comme éteinte et le besogneux Pierre Caron n’a pas un dixième de l’inventivité du cinéaste Guitry qui jouait allègrement avec le cadre, la voix-off et le quatrième mur pour mieux amuser son spectateur. D’où que L’accroche-coeur est un film laborieux plus que pétillant.

Enlevez-moi (Léonce Perret, 1933)

Un homme qui croit refiler sa maîtresse à un ami lui refile en fait sa soeur.

La désuétude de cette opérette n’empêche pas une certaine liberté de ton. Il y a de la fantaisie mais le travail de Léonce Perret est routinier.   Le surjeu des comédiens et les facilités de l’intrigue empêchent toute forme de vraisemblance mais Arletty jeune (et jolie) est déjà remarquable. Comme le montre le final où l’équipe technique est filmée, personne n’est dupe dans cette entreprise. Enlevez-moi n’est pas franchement nul mais sa portée est tout de même limitée.