Les dents longues (Daniel Gélin, 1952)

Un jeune Montpelliérain arrive à Lyon pour faire carrière dans le journalisme…

Imaginez un roman d’Henri Béraud (même si en fait il s’agit d’une adaptation de Jacques Robert) filmé par un Jacques Becker qui serait dénué du génie étincelant et humaniste de Jacques Becker. Cet unique film de Daniel Gélin marie adroitement l’étude du milieu des journalistes à l’histoire d’un jeune couple. Il est à découvrir.

Narayana (Léon Poirier, 1920)

Un étudiant désoeuvré se voit offrir une statuette orientale lui permettant de faire 5 voeux avant de mourir…

Pour adapter La peau de chagrin de Balzac, Léon Poirier a accentué l’orientalisme du roman et a incarné le Destin dans les actions de personnages « méchants ». Le problème est que la motivation de ces derniers pour faire le mal n’est jamais expliquée et que le récit s’en trouve donc embrouillé. Ce n’est pas l’affectation du jeu de Edmond Van Daële qui compense cette confusion narrative. En revanche, la fusion de séquences autonomes réalisée via un montage quasi-musical permet parfois à la dramaturgie de se déployer indépendamment de l’armature d’un scénario fumeux mais via la poésie des ressources propres au cinéma. Rien que pour ces beaux moments qui exploitent intelligemment les intuitions avant-gardistes d’un L’Herbier, Narayana, film par ailleurs mis en scène avec goût, vaut la peine d’être vu.

Le désordre et la nuit (Gilles Grangier, 1958)

Enquêtant sur le meurtre d’un patron de boîte de nuit, un flic s’amourache d’une jeune toxicomane…

Au-delà de l’enquête policière (téléphonée), l’intérêt dramatique du récit vient de la relation qui s’établit entre le vieux flic allant jusqu’à démissionner et la jeune toxicomane. Malheureusement, le trouble et l’ambiguïté sont des notions parfaitement étrangères au cahiers des charges d’un véhicule pour Gabin et à la mise en scène d’un Grangier. D’où l’impression regrettable d’un film regardable mais velléitaire et franchement inabouti. Les gambettes de Nadja Tiller sont sublimes.