Enchanted island (Allan Dwan, 1959)

Deux marins s’étant battus avec leur capitaine se réfugient dans la jungle d’une île qui serait peuplée de cannibales.

Un très beau film d’aventures lointainement adapté du Typee de Herman Melville. Outre les qualités plastiques liées au décor (la photo est toutefois moins flamboyante que celle des précédents Dwan/Bogeaus), l’itinéraire du héros qui voit ses illusions édéniques lézardées par l’irrémédiable fossé culturel ne manque pas d’ampleur dramatique. Il y a des réminiscences du Tabou de Murnau et Flaherty dans cette série B troussée avec le mélange de candeur primitive (abondance des cadrages frontaux) et d’intelligence dialectique caractéristique d’Allan Dwan.

Mariage royal (Stanley Donen, 1951)

Le film tourné par Stanley Donen juste avant Chantons sous la pluie. C’est malheureusement un musical qui n’a d’autre intérêt que deux ou trois numéros éblouissants de Fred Astaire dont un dans lequel il danse sur les murs et le plafond. L’histoire est complètement niaise. Les couleurs pastels sont particulièrement laides. A voir ce genre de photographie, on comprend certains critiques des années 50 qui fustigeaient le Technicolor parce qu’il aplatissait vulgairement toutes les nuances, tous les contrastes. Fred Astaire est la vedette mais le film est dénué de la grâce surranée des comédies musicales de la RKO des années 30. On est en plein dans le loukoum kitsch typique de ce que pouvait avoir de pire les productions MGM de l’époque.