L’intrépide (Fearless Fagan, Stanley Donen, 1952)

Un jeune dompteur envoyé au service militaire ne sait pas quoi faire de son lion.

Stanley Donen avait un réel talent pour animer des histoires fantaisistes et styliser discrètement les expressions et les gestes de ses acteurs sans les faire verser dans la caricature. Fearless Fagan est un film tout à fait mineur mais foncièrement sympathique.

Qui était donc cette dame? (George Sidney, 1960)

Surpris entrain d’embrasser une étudiante, un professeur de chimie, conseillé par un ami noceur, fait croire à son épouse en colère qu’il est un agent du FBI sous couverture.

L’idée de départ est amusante et le duo formé par Tony Curtis et Dean Martin sympathique mais la comédie, restée très théâtrale dans son écriture, patine à partir du moment où le véritable agent du FBI entre en scène, c’est-à-dire assez rapidement.

Bye bye Birdie (George Sidney, 1963)

Un chanteur pour adolescentes partant pour l’armée, la secrétaire d’un songwriter new-yorkais suggère à Ed Sullivan d’organiser une émission de télévision dans une petite ville de l’Ohio où la star embrasserait une lycéenne choisie au hasard.

Ça satirise tous azimuts: un sujet à la Embrasse moi, idiot, mâtiné d’éléments sur la Guerre froide qui rappellent La brune brûlante; le tout traité sous forme de comédie musicale pour ados. Ce n’est pas aussi brillamment écrit que le chef d’oeuvre de Billy Wilder, il y a quelques baisses de rythme notamment parce que les numéros musicaux sont inégaux, mais c’est quand même souvent drôle. Comme dans le chef d’oeuvre de George Sidney, Kiss me Kate, le caractère polyphonique du récit séduit.

Les inventions formelles (plans à la grue, split-screen, stylisation des couleurs…) foisonnent au service du mouvement, les acteurs ne brillant plus par leurs talents dansants comme ils pouvaient briller du temps de l’âge d’or du genre dix ans auparavant. La musique, elle, par contre est brillante: le rock&roll est pastiché avec une verve qui a bien plus qu’inspiré les futurs auteurs de Grease.

Ce pourquoi Bye bye Birdie ne figure pas parmi les chefs d’oeuvre de Sidney -outre les quelques relâchements du rythme- c’est sa complaisance dans le mauvais goût qui dénote une attitude trop purement ricanante vis-à-vis de son sujet; attitude qui l’empêche de s’élever vraiment au-delà des jouissances de la satire, particulièrement dans tout ce qui a trait aux adolescents. Il n’en reste pas moins un film virtuose et très divertissant.

 

Vacances à Paris (The perfect furlough, Blake Edwards, 1958)

Pour calmer des soldats envoyés dans une base du grand Nord pendant un an, l’état-major offre trois semaines de vacances à Paris avec une vedette argentine à l’un d’entre eux.

Peu nous importe les invraisemblances de l’intrigue tant celle-ci est dynamisée par l’entrain de Tony Curtis et la verve d’un Blake Edwards au sommet de son inspiration comique. Du champagne.

Ma soeur est du tonnerre (My sister Eileen, Richard Quine, 1955)

Quel plus grand plaisir pour le cinéphile pendant les fêtes que celui d’aller se régaler d’un classique de la comédie américaine dans un cinéma du quartier latin ?

bon, dit comme ça ça fait un peu élitiste comme vision du cinéma pourtant je vous assure que la salle était pleine et que le public -varié pour une fois- riait de bon coeur. Et c’est vrai qu’avec un tel film, il y a de quoi ! Ma soeur est du tonnerre est pensé du début à la fin comme un pur spectacle, la mise en scène assume pleinement ses artifices théâtraux (le charmant kitsch des décors notamment) ou musicaux et joue perpétuellement sur la complicité du spectateur. Alors oui, le film traite son histoire de façon un peu superficielle -peut-être qu’un Billy Wilder en aurait tiré quelque chose de plus profond- mais les gags basés sur de classiques quiproquos sont si bien agencés, la galerie de personnages secondaires si cocasse, les dialogues si piquants, les acteurs si à l’aise, et surtout Janet Leigh dont l’incroyable sex-appeal est le moteur de l’intrigue est si ravissante (surtout en mini-short) que Ma soeur est du tonnerre est un délice de chaque instant. Peut-être pourra t-on juste regretter certains numéros musicaux qui font pâle figure face à ceux des classiques de la comédie musicale et qui ralentissent l’histoire plutôt qu’ils ne la font avancer. Mais la franche loufoquerie qui gagne le film à la fin (comme dans Une vierge sur canapé du même Quine, la fin est un grand moment de n’importe quoi) finit par conquérir l’ensemble des spectateurs.