Jofroi (Marcel Pagnol, 1933)

Dans un village provençal, un vieil homme qui a vendu son verger refuse que l’acheteur coupe les arbres.

C’est le premier film réalisé par Marcel Pagnol et tout l’univers du maître est déjà en place. Il y a d’abord la troupe de comédiens méridionaux qui reviendra de film en film pendant vingt ans, les formidables Poupon et Blavette en tête. Il y a ensuite le village et les paysages arides de la Haute-Provence qui fournissent un cadre d’une présence inouïe à l’histoire racontée. La truculence des premiers alliée à l’authenticité des seconds fait que Jofroi est un film d’un naturel sans commune mesure dans le cinéma français de l’époque. Il y a l’irrésistible drôlerie des répliques que s’envoient des personnages bavards et en perpétuelle représentation, pagnolesques en un mot. Enfin, l’anecdote tirée -déjà- de Giono a la simplicité et la profondeur éternelle d’une fable. De plus, ne dépassant pas cinquante minutes, Jofroi est un film de Pagnol d’une rare concision. Avec ce lumineux concentré d’humanité, Marcel Pagnol inaugurait superbement une oeuvre cinématographique parmi les plus essentielles qui aient été.