La terreur des Batignolles (Henri-Georges Clouzot, 1931)

Un cambrioleur est surpris par un couple qui rentre plus tôt que prévu pour se suicider.

Pour ce premier film, Clouzot a refait un court-métrage de Jacques de Baroncelli sorti en 1916 et dont l’idée de départ était astucieuse. Il en a modifié le dénouement, en accentuant l’humour noir, et a fait preuve d’une inventivité visuelle au service de l’oeuvre. Bref, c’est déjà très bien.

Non coupable (Henri Decoin, 1947)

Un médecin alcoolique et méprisé par sa communauté se rend compte le jour où il renverse un motocycliste qu’il a un talent particulier pour le crime parfait.

Non coupable est un drame policier assez représentatif du cinéma de qualité française qui était d’abord -mais pas seulement- un cinéma de scénario. Ici, le scénario est bon donc le film est bon. Ce type de dramaturgie basé sur la psychologie est un peu suranné mais a priori pas moins pertinent qu’un autre. Si Non coupable ne saurait imposer une réflexion sur le mal avec autant de force qu’un chef d’oeuvre de Fritz Lang, s’il reste soumis de bout en bout aux conventions de son temps, il est mené avec suffisamment d’habileté. Par ailleurs, le toujours excellent Michel Simon parvient sans peine à donner une épaisseur humaine à son personnage. La fin hisse le film vers des cimes tragiques sans que la noirceur de la vision n’apparaisse exagérée comme c’est le cas dans nombre de films contemporains de Duvivier, Allégret ou Autant-Lara. Bref, Non coupable est un bon polar à la française.