Amok (Fedor Ozep, 1934)

En Malaisie, une bourgeoise va chercher un médecin qui officie dans la jungle pour se faire avorter.

La lente mobilité de la caméra nous faisant profondément pénétrer chaque espace (jungle, bouge ou jardin) ainsi que la lumière de Curt Courant rendent bien la moiteur tropicale et l’atmosphère de bout du monde dans lesquelles se déroulent cette histoire. Amok, qui est un film-culte pour certains cinéphiles aujourd’hui octogénaires, n’est donc pas exempt d’une certaine beauté désespérée. Malheureusement son scénario est trop théâtral et il est difficile de croire les comédiens qui déclament leurs tirades plus qu’ils ne vivent à l’écran. De plus, le grand Inkijinoff, inoubliable assassin fou d’amour dans La tête d’un homme, est ici réduit aux exotiques utilités. Bref, Amok est un beau film qui a mal vieilli car très inféodé aux poncifs de son époque.