L’empreinte du passé (The road to yesterday, Cecil B.DeMille, 1925)

Dans le Grand Canyon, de jeunes mariés s’avèrent être des réincarnations d’amoureux anglais du XVIIIème siècle.

Le récit contient des bifurcations parmi les plus radicales de l’Histoire du cinéma. C’est sa principale force mais aussi sa principale faiblesse car la sidération se fait au détriment de la cohérence: la réincarnation telle que nous la présente DeMille est pour le moins fumeuse. Si le film fonctionne souvent en dépit de soubassements saugrenus et alambiqués, c’est parce que la mise en scène accentue la force des rebondissements: les morceaux de bravoure s’enchaînent, surtout dans la dernière partie qui est une suite ininterrompue de scènes d’action; duel, poursuite, torture, exécution, carambolage et incendie s’enchaînent avec une virtuosité tellement étourdissante que leur prétexte n’a plus aucune importance. Oeuvre dénuée de tout surmoi, L’empreinte du passé brinquebale pas mal mais, par sa stupéfiante maestria visuelle et dramatique, préfigure Godless girl, chef d’oeuvre encore plus époustouflant et, de plus, parfaitement achevé.