Une allumette pour trois (Mervyn LeRoy, 1932)

Entre 1919 et 1932, les différentes trajectoires sociales et sentimentales de trois filles puis femmes.

Une merveille qui, de par la force dramatique de ses péripéties (drogue, adultère, suicide…) n’empêchant pas certaine finesse de la narration, la qualité de son interprétation et son inventivité visuelle au service d’une prodigieuse concision, n’a rien à envier aux chefs d’oeuvre de Wellman réalisés à la même époque, si ce n’est peut-être la consistance d’un discours critique: s’il fallait dégager une morale de ce récit qui bifurque sans cesse -tantôt comédie, tantôt mélo, tantôt polar-, ce serait une morale bourgeoise et puritaine, la dramaturgie restant manichéenne en associant systématiquement le plaisir au stupre et à la déchéance. Le meilleur film de Mervyn LeRoy?

Blondie Johnson (Ray Enright, 1933)

Pour sortir de sa condition sociale, une jeune femme intègre la pègre.

Il est intéressant ce comparer ce film socialo-policier à ceux que William Wellman réalisait à la même époque, c’est-à-dire juste avant le renforcement du Code Hays. On y retrouve des qualités similaires: concision et liberté de ton. Simplement, l’impact de celles-ci est atténué parce que l’auteur est plus timoré (le happy end est ici particulièrement incongru) et le metteur en scène n’a pas le génie percutant de Wellman.

Monsieur Dodd part à Hollywood (Stand-In, Tay Garnett, 1937)

Le vice-président d’un trust de la côte Est part à Hollywood pour auditer un studio de cinéma qui appartient au groupe.

Le vice-président obsédé par les chiffres jusqu’à l’autisme est excessivement caricatural et nuit à la vraisemblance de la comédie. D’une façon générale, le trait est épais. L’inévitable romance est téléphonée et le message social-démocrate de la fin trop naïvement asséné pour être honnête. Heureusement, le film abonde en personnages secondaires loufoques, en trouvailles visuelles et en répliques vachardes. La satire du milieu du cinéma vise large et fait souvent mouche. Sans être un fleuron de la comédie américaine des années 30, Stand-in est donc un film qui demeure amusant. C’est le genre de spectacle dont à la sortie de la salle, on cite plusieurs scènes en riant.