L’aventure vient de la mer (Frenchman’s creek, Mitchell Leisen, 1944)

Au XVIIème siècle, une aristocrate londonienne fâchée avec son mari retourne dans les Cornouailles et tombe amoureuse du pirate français qui écume la région.

Mélange de films d’aventures maritime façon L’aigle des mers et de film de rêverie féminine façon L’aventure de Mme Muir. Le mépris de la vraisemblance, l’inadéquation de Arturo de Cordova au rôle du héros, la faiblesse des scènes d’action et la manque de nerf de la mise en scène discréditent le versant aventureux de l’oeuvre. En revanche, l’aspect romantico-onirique est servi par une plastique renversante, le top de l’âge d’or hollywoodien. Les plans du bateau sous un ciel rosé sont d’un kitsch irrésistible.

The bigamist (Ida Lupino, 1953)

Pas grand chose à voir avec le thriller dont je parle ci-dessous. C’est un film sur la double vie d’un homme. Là encore, sujet audacieux si ce n’est passionnant. Le traitement est d’une belle finesse, surtout dans la première partie, celle qui décrit l’arrivée de l’autre femme. C’est un très bon film, sans idée toute faite, sans préjugé, sur la confrontation de ses désirs avec les désirs des autres d’une part et avec la morale d’autre part. C’est aussi le portrait d’un homme trop faible pour résister à des sentiments qui l’entraînent à sa perte, un personnage digne des plus beaux héros de Nicholas Ray. Et puis ce film est mieux que le précédent parce qu’Ida y joue. Et qu’Ida est magnifique, surtout en gros plan projeté sur un écran immense.