Echec à l’organisation (The outfit, John Flynn, 1973)

A sa sortie de prison, un homme rackette l’organisation qui a assassiné son frère et complice…

Polar hyper-archétypé dans le genre que Phil Karlson et Don Siegel réalisaient à la Columbia. Comme c’est réalisé dans les années 70 et non dans les années 50, le métrage est sensiblement plus long. De plus, le découpage des scènes d’action esquive les difficultés plus qu’il ne s’y coltine et de ce fait accentue le caractère conventionnel des situations représentées. La facilité -merci les ellipses du montage- avec laquelle les deux héros échappent systématiquement à leurs poursuivants divers et variés finit par nous désintéresser de leur sort. Heureusement, Robert Duvall est bien et c’est toujours un plaisir de revoir Robert Ryan. A réserver aux aficionados du genre.

Justice sauvage (Walking tall, Phil Karlson, 1973)

Un shérif du Tennessee entreprend d’en finir avec la mafia qui gangrène le comté dans lequel il vient d’être élu. C’est le début d’une véritable guerre.

Basé sur l’extraordinaire histoire de Buford Pusser à côté de qui ce bon vieux Paul Kersey fait figure de militant d’Amnesty International, Justice sauvage est un polar pour le moins brutal. Le film est trop long, la peinture sociale est très grossière (les méchants se réduisent à leur méchanceté), la progression dramatique quasi-absente, son principal intéret réside dans le traitement de la violence. C’est à la limite de la complaisance mais en filmant les dures conséquences physiques et morales du combat de son héros, un des héros les plus violentés de l’histoire du cinéma, un héros pas très sympa, Phil Karlson évite le piège de la bête apologie du justicier tout en rendant hommage à son combat. Dommage que le film soit si mal raconté donc franchement ennuyeux.