Tueur de flics (The onion field, Harold Becker, 1979)

En mars 1963, deux malfrats enlèvent deux policiers qui voulaient contrôler leur voiture…

Chronique d’un fait divers et de ses répercussions où, encore une fois, après Les flics ne dorment pas la nuit et Bande de flics, le réalisme empathique de Joseph Wambaugh fait merveille. Tous les interprètes excellent. Partagé entre criminels procéduriers et victimes traumatisées, le récit tarde à trouver son unité mais c’est pour finalement accéder à une sérénité surprenante, quoique non dénuée de mélancolie. La séquence du déjeuner près du lac est un des plus purs instants de bonheur, de réconciliation avec le monde, montrés par le cinéma.

The black marble (Harold Becker, 1980)

A Los Angeles, une policière est mise en équipe avec un ancien de la brigade des homicides devenu alcoolique. Les deux doivent enquêter sur le rapt d’un chien.

Faux polar, vrai film d’amour illuminé par Paula Prentiss, toujours superbe quinze ans après Le sport favori de l’homme. La tendresse du regard, les doux méandres de la narration, le sens de la rupture de ton et de la digression et la grande sympathie du couple central rendu crédible par la justesse des longues séquences consacrées au premier rencart font de The black marble un film très attachant.

Bande de flics (The choirboys, Robert Aldrich, 1977)

Entre rondes dans les quartiers malfamés et fêtes débridées, le quotidien d’une bande de flics de Los Angeles.

Succession de saynètes grotesques et satiriques où l’épaisseur de la caricature va heureusement de pair avec le sens de la complexité humaine et du retournement de situation. D’où, par-delà la grossièreté des effets, une justesse de ton qui rappelle une autre adaptation d’un roman de Joseph Wambaugh: Les flics ne dorment pas la nuit. Les acteurs sont tous excellents, l’institution policière est savoureusement et pertinemment brocardée (idée géniale de la remise de médaille qui succède au tabassage) et, in fine, au fond des pires turpitudes, une certaine grandeur de l’homme est retrouvée (la lettre, sublime). Avec malice, le dénouement montre qu’un peu de corruption arrange tout le monde et que personne n’a intérêt à ce que justice se fasse véritablement. Bande de flics est ainsi une des réussites les plus achevées de Robert Aldrich.

 

 

Les flics ne dorment pas la nuit (The new centurions, Richard Fleischer, 1972)

Avec ses courses-poursuites urbaines, avec sa bande-son funky signée Quincy Jones, et surtout dans sa description quotidienne du travail des policiers, Les flics ne dorment pas la nuit peut être vu comme la matrice esthétique des séries qui allaient régner sur la télé américaine les vingt années suivantes. Ce premier état de fait le hisse déja parmi les polars importants de la décennie. Pourtant, bien que le film soit peu dramatisé et focalisé sur le métier de flic, Richard Fleischer va au-delà du simple enregistrement simili-documentaire et insuffle à son constat social désespéré une vérité humaine en rendant prégnant les fêlures qu’entraîne le boulot, centrant son film sur deux magnifiques personnages interprétés par des acteurs au sommet: Stacy Keach et George C.Scott. Il faut voir la profondeur émotionnelle et le sens qu’arrive à donner le cinéaste à un simple champ-contrechamp (dans la séquence où George C.Scott regarde les voitures de patrouille s’éloigner) pour mesurer la maîtrise de son art.