Tout ça ne vaut pas l’amour (Jacques Tourneur, 1931)

Un vieux pharmacien s’entiche d’une jeune fille chassée de chez elle…

La platitude du découpage n’a d’égale que la prévisibilité du récit. Josseline Gaël est mignonne.

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Coeurs joyeux (Hanns Schwarz et Max de Vaucorbeil, 1932)

Un projectionniste qui a été forcé à aider des voleurs de bijoux s’entiche de la soeur de leur chef.

Coeurs joyeux est un spectacle ravissant de fraîcheur naïve: la sympathie du couple formé par Jean Gabin et la douce Josseline Gaël, la poésie du découpage, le charme de la musique et la liberté d’un récit qui marie tranquillement lyrisme quotidien à la Frank Borzage (le héros qui moût le café dans des coussins pour ne pas réveiller son invitée !), scènes chantées et péripéties façon Tintin sont autant de qualités qui donnent du corps à un plaisant populisme de bande dessinée tout en faisant oublier les quelques flottements du rythme et de la narration.

La main du Diable (Maurice Tourneur, 1943)

Un des rares fleurons du cinéma fantastique à la française. On peut regretter une fin un peu boîteuse. On peut discuter le fond moralisateur de l’oeuvre (en gros: atteindre le succès et l’argent éloigne des vraies valeurs). En dépit de ces menues réserves, le film reste excellent. Dans la mouvance du cinéma de l’Occupation mais avec plus de talent qu’un L’Herbier (La nuit fantastique) ou un Carné (Les visiteurs du soir), Tourneur père tisse une atmosphère onirique à l’aide d’images très stylisées. La poésie des décors en toile éclairés avec de forts contrastes donne à La main du diable une tonalité caligariste. Ce versant irrationnel de l’oeuvre est tempéré par une galerie de seconds rôles bien croqués (de Pierre Larquey à Noël Roquevert) qui fait exister de façon très concrète les pensionnaires de l’auberge dans laquelle s’est réfugié le héros incarné par Pierre Fresnay. Pierre Fresnay ici égal à lui-même, c’est-à-dire immense.