Cher papa (Dino Risi, 1979)

Un puissant industriel italien tente de renouer le dialogue avec son fils engagé dans le terrorisme gauchiste…

Pas si artificielle qu’il n’y paraît au premier abord, cette fable malaisante s’avère un des meilleurs films de Dino Risi car un des plus fins et un des plus profondément amers. L’expression de la noirceur ne passe plus par les vibrionnantes caricatures typiques du soi-disant âge d’or de la comédie italienne mais se retrouve tapie dans une larme venant ébranler l’absolue froideur d’un parricide. Par contrepoint, la chaleureuse interprétation de Vittorio Gassman rend d’autant plus patent le fossé irrémédiable entre les pères et les fils. Troublant.

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L’étrangleur (Paul Vecchiali, 1970)

Un policier ment à la télé pour trouver un tueur en série.

L’étrangleur est un polar original dans lequel le suspense importe moins que la personnalité du tueur et celle de son traqueur. En présentant un flic qui ment ouvertement et un tueur apparemment pur de coeur et d’esprit, Paul Vecchiali brouille les frontières morales sans que cela n’apparaisse comme de la provocation gratuite. En effet, il n’absout pas l’assassin qui reste un dangereux psychopathe auquel il ne faut pas se fier et qu’il faut à tout prix (?) empêcher d’agir. Les histoires de trauma pour expliquer les comportements de tueur en série sont souvent téléphonées au cinéma et celle-ci n’échappe pas à la règle mais la belle fin couronne joliment le face-à-face dialectique que constitue le film. Julien Guiomar et Jacques Perrin dans les rôles principaux sont bons et aident à faire passer outre une mise en scène inégale.