Amour et journalisme (Mauritz Stiller, 1916)

Pour connaître les projets d’un explorateur, une journaliste se fait engager par lui comme bonne à tout faire.

Certains historiens du cinéma ont pu exagérer l’apparentement de la comédie américaine des années 30 à Amour et journalisme: si son canevas est similaire à celui d’un film comme L’amour en première page, ce film suédois, à mi-chemin entre primitivisme et classicisme, reste dénué de la richesse de détails réalistes ou saugrenus qui donne sa saveur aux plus fameux représentants du glorieux genre. Le milieu du journalisme n’est ici pas exploité en tant que tel. C’est des jeux de séduction entre leurs deux protagonistes que les auteurs font leur miel. Le charmant naturel des acteurs et l’aisance du découpage font alors merveille. D’où la fraîcheur et la vivacité inaltérées de cette petite comédie de Mauritz Stiller.

Vers le bonheur (Erotikon, Mauritz Stiller, 1920)

L’épouse d’un entomologiste est courtisée par un jeune sculpteur et un riche baron…

Remarquable succès en son temps, cette fantaisie mondaine montra au public étranger que les Suédois avaient plus d’une corde à leur arc. Si le cosmopolite Stiller avait déjà plusieurs comédies à son actif lorsqu’il entreprit d’adapter la pièce de Ferenc Herczeg, il a été dit (par Billy Wilder notamment) que c’est Erotikon qui influença Ernst Lubitsch d’une façon capitale lorsque le film fut présenté à Berlin au début des années 20. Et il est vrai que le joyeux immoralisme du propos ainsi que le jeu autour des archétypes du mari et de l’amant ont quelque chose de lubitschien. En dehors de ça, Erotikon reste une simple adaptation de théâtre de boulevard interprétée avec talent mais dénuée des observations réalistes d’un Cecil B. DeMille (Why change your wife?). Par ailleurs, l’exposition est longuette et un ballet est intégré au film et symbolise l’action dramatique. Procédé lourdaud s’il en est. Si Erotikon a probablement une importance historique non négligeable, c’est donc un film plutôt médiocre.