Prisonnier de la peur (Fear strikes out, Robert Mulligan, 1957)

Un jeune espoir du base-ball est rendu fou par la pression que lui met son père.

Après une excellente première partie, la pesanteur didactique (via le récit et les dialogues) et expressive (via l’interprétation parfois exagérée de Anthony Perkins) se fait sentir mais le tout demeure habilement mené, avec une efficacité, une précision et un sens de l’ambigüité d’autant plus dignes d’admiration qu’il s’agissait du premier film de Mulligan (tourné pour le cinéma).

Deux hommes dans l’Ouest (Wild rovers, Blake Edwards, 1971)

Deux cow-boys, un jeune et un vieux, braquent une banque dans l’espoir de se la couler douce au Mexique.

L’originalité de Deux hommes dans l’Ouest vient du fait que les braqueurs de la banque sont présentés comme de braves types. Ce sont la lassitude, la peur de mourir et l’absence de perspective dans leur boulot, sentiments cristallisés par la mort soudaine d’un de leurs collègues durant une tâche de routine qui les décident à passer à l’acte, à transgresser la loi. Ceci est montré sans tambour révolutionnaire ni trompette sursignifiante. Le cinéaste se focalise sur le tranquille désenchantement des deux protagonistes. C’est fort bien vu d’autant que le duo formé par William Holden et Ryan O’Neal est convaincant.

Malheureusement, le film ne tient pas les belles promesses de son début à cause d’une mise en scène kitsch (abus de soleils couchants et de ralentis), d’une caractérisation des personnages qui restera superficielle, d’un rythme qui s’alanguit (était-il nécessaire par exemple de faire durer à ce point la partie de cartes fatale?) et de cadrages en Cinémascope qui sont loin d’être aussi harmonieusement composés que ceux des illustres prédecesseurs de Blake Edwards dans le genre tel Anthony Mann ou Delmer Daves.

Bref, encore un film victime de ce laisser-aller formel si emblématique du cinéma américain des années 70…