Meurtre à Yoshiwara (Tomu Uchida, 1960)

Un commerçant bon, riche et partiellement défiguré se ruine par amour pour une prostituée.

Scénarisé par son collaborateur habituel qu’était Yoshitaka Yoda, Meurtre à Yoshiwara appelle inévitablement la comparaison avec le travail de Mizoguchi encore que le point de vue soit ici celui de l’homme et non celui de la prostituée comme c’est généralement le cas chez l’auteur des Musiciens de Gion. Force est de constater que le film de Tomu Ushida est moins concis dans sa narration, plus manichéen et plus appuyé dans sa dramaturgie et plus facile dans ses effets de style (le carnage final sous les pétales de cerisiers). Meurtre à Yoshiwara n’en reste pas moins mené avec une relative habileté et parvient même parfois à émouvoir grâce au jeu de Kataoka Chiezo qui charge d’humanité le rôle principal. Il fait penser à une version nippone et plus sobre du Raimu de La femme du boulanger. 

Le mont Fuji et la lance ensanglantée (Tomu Uchida, 1955)

Des samouraï accompagnent leur maître alcoolique à travers le Japon.

Cela aurait pu donner lieu à un aimable récit picaresque si les péripéties n’avaient été prétextes à discours humaniste gluant mollement mis en scène. Le mont Fuji et la lance ensanglantée vaut cependant d’être vu pour un excellent morceau de bravoure final où le film révèle à travers l’action, enfin, une profondeur dialectique insoupçonnée.