Showboat (George Sidney, 1951)

A la fin du XIXème siècle, les pérégrinations d’une famille de comédiens sur un bateau du Mississippi…

En dehors du personnage de Julie Laverne dont l’évolution est plus claire du fait qu’il est désormais joué par Ava Gardner et qu’on lui accorde plus d’importance, cette nouvelle version de Showboat est en tous points inférieure au film de James Whale. La poésie a disparu tandis que le Technicolor, la réécriture sirupeuse de la fin, l’interprétation et la pesanteur globale font tendre l’ensemble vers le cirque Barnum. Les chanteurs sont également moins bons (qui pourrait rivaliser avec Paul Robeson?).

Embrasse-moi, chérie (Kiss me Kate, George Sidney, 1953)

Un comédien met une scène une adaptation musicale de La mégère apprivoisée avec son ex-femme dans le rôle principal…

S’il n’était parfois ralenti par des tours de chants scéniques sans rapport avec la narration, Kiss me Kate se hisserait à la hauteur des meilleures comédies musicales parmi lesquelles figurent notamment Chantons sous la pluie et Tous en scène. Les auteurs ont repris une armature canonique du genre -le spectacle dans le film- qu’ils ont galvanisée dans une solution contenant tous les ingrédients d’une bonne comédie de remariage. L’entrain, la drôlerie et la vitalité du résultat sont irrésistibles. Ces qualités doivent beaucoup à la virtuosité des auteurs. D’abord, une virtuosité scénaristique transfigure le vaudeville à unité de temps et de lieu en démultipliant protagonistes et intrigues autour du couple principal. A l’instar du cocasse duo de mafiosi, chaque personnage secondaire a droit à son morceau de bravoure dans ce récit renoirien (on songe à French cancan sorti l’année suivante).

La virtuosité est ensuite plastique: George Sidney s’avère, plus que jamais, un des réalisateurs les plus doués pour filmer et restituer le mouvement; ce alors que sa mise en scène est soumise à des bornes spatiales très contraignantes. Salons minuscules, petites terrasses, loges et couloirs de théâtre sont en effet les décors qu’il doit se coltiner. En fait, ces  limites, exploitées par des danseurs extrêmement brillants, ont pour effet de redoubler l’intensité spectaculaire des numéros en concentrant leur dynamisme (à l’inverse de l’ampleur chorégraphique déployée dans d’autres chefs d’oeuvre du musical tel Pique-nique en pyjama). Il faut voir Ann Miller danser sur une table basse, encore plus éblouissante et sexy que Cyd Charisse, ou Tommy Rall faire des entrechats sur la rambarde du toit pour se rendre compte de la géniale singularité de Kiss me Kate à l’intérieur du genre le plus enchanteur de l’âge d’or hollywoodien.

Escale à Hollywood (Anchors aweigh, George Sidney, 1945)

Deux marins en permission -un séducteur et un puceau- s’entichent d’une chanteuse…

L’entrain de Gene Kelly et Frank Sinatra ainsi qu’un numéro assez extraordinaire où Gene danse avec Jerry (de Tom et Jerry) n’empêchent pas que cette comédie musicale apparaît bien trop longue (143 min!) compte tenu du peu qu’elle raconte.