Chérie recommençons (Once more, with feeling!, Stanley Donen, 1960)

Un chef plaqué par sa femme harpiste tente d’embaucher celle-ci dans son nouvel orchestre…

Comédie de remariage adaptée d’une pièce de théâtre et tournée en Angleterre. Le déroulement est particulièrement statique, les décors luxueux mais uniformes. Les couleurs pastels sont agréables et quelques gags sont drôles mais cette timide stylisation, au service d’une dramaturgie absolument conventionnelle, tourne à vide. Les personnages demeurent à l’état de marionnettes archétypales.

Qu’est-ce que maman comprend à l’amour? (The reluctant debutante, Vincente Minnelli, 1958)

Un couple de la haute société-londonienne reçoit la fille américaine du mari, issue d’un premier mariage, qui doit faire ses débuts dans le monde. Dès la première soirée, celle-ci s’entiche d’un batteur de jazz. La petite famille va alors écumer les réceptions dans l’espoir de faire oublier le roturier à la jeune fille…

Qu’est-ce que maman comprend à l’amour? (merveilleux titre français!) est une comédie très drôle sur les différences de conception de l’amour entre les générations, sujet éternel s’il en est. Adapté d’une pièce de William Douglas Home, le film est clairement théâtral mais son rythme est enlevé. Il se déroule sous la forme d’une succession de fêtes. L’humour y est piquant.

Sans se départir d’une réelle tendresse pour ses personnages, Minnelli met à jour l’essence conservatrice des femmes, l’importance démesurée qu’elles attachent aux apparences sociales alors que les hommes, pragmatiques, sont évidemment bien plus détachés par rapport à ce vernis. La père s’avère plus compréhensif que son épouse envers les élans du coeur de sa fille. Cette misogynie est bien vue et réjouissante. Il faut dire qu’il n’y a pas une trace d’aigreur dans ce film, qu’à l’image du champagne qui y coule à flots, le ton reste pétillant de bout en bout et que la regrettée Kay Kendall rivalise sans peine avec son brillant cabotin de mari: Rex Harrisson.

Un vrai plaisir.