Bunny Lake a disparu (Otto Preminger, 1965)

Après plusieurs films à « grand sujet » (Tempête à Washington, Le cardinal), Otto Preminger s’essaie au thriller psychanalytique façon Hitchcock. L’argument de base est simplissime: une jeune femme, aidée par son frère, recherche sa fille disparue. Mais la petite fille existe t-elle vraiment ? C’est l’occasion de broder autour des fantasmes, des traumatismes et de la folie enfantine. Le traitement de Preminger est d’une rigueur imperturbable et jamais Bunny Lake a disparu ne dévie vers un quelconque grotesque façon Polanski. Le Cinémascope Noir et blanc est maniée avec l’élégance coutumière de cet immense cinéaste ici au faîte de son art. La neutralité apparente de la mise en scène rend d’autant plus insidieuse l’horreur de l’histoire. Les deux acteurs principaux, Carol Lynley et Keir-2001-Dullea jouent avec brio des rôles de névrosés a priori difficiles à rendre convaincants sans sombrer dans le ridicule post-Norman Bates. C’est ce sérieux d’une équipe d’artistes talentueux (il faut également citer la belle musique de Paul Glass) chapeautés par un réalisateur génial qui permet de rendre un film au scénario parfois bancal -la fin notamment- très intéressant.
A noter également pour les amateurs de pop que l’on voit les Zombies dans ce film.