L’homme à femmes (The man who loved women, Blake Edwards, 1983)

La vie d’un homme à femmes.

La transplantation du film de François Truffaut en Californie échoue pour plusieurs raisons. D’abord, il s’agissait d’un des films les plus personnels de son auteur et la distance entre l’auteur et son personnage était impeccable. Là, la complaisance noie le portrait du cavaleur dans un sirop sentimentalo-démago typiquement américain, tout à fait hors de propos et carrément hallucinant dans sa morale finale: « ses conquêtes ont toutes grandi grâce à son amour ».

Ensuite, il y a un hiatus entre la virilité un peu beauf de Burt Reynolds et les fêlures de son personnage, auxquelles on ne croit pas malgré les artifices du scénario. On ne croit d’ailleurs pas non plus à son obsession puisque -différence encore entre culture latine et culture américaine- ce sont souvent les femmes qui lui sautent dessus. Blake Edwards a beau avoir remplacé l’écriture d’un roman par une analyse pour figurer la confession du héros, c’est bien Truffaut -qui détestait la psychanalyse- qui s’avère le plus juste dans sa peinture de la névrose. En fait, ce remake est un prétexte à situations vaudevillesques et scabreuses où, une fois, l’auteur de La party déploie sa verve burlesque: c’est l’inventive séquence avec le mari, la femme, l’amant, le placard et le petit chien.

Boire et déboires (Blind Date, Blake Edwards, 1988)

Lors d’une soirée organisée par son patron, un analyste financier rencontre une ravissante jeune femme qui se met à faire n’importe quoi si on la fait boire de l’alcool.

Boire et déboires est un joli film, le film d’un vétéran qui tranche avec la tournure que prenait alors Hollywood. C’est une comédie simple, élégante et centrée sur l’humain. Les yuppies de l’époque sont brocardés par Blake Edwards qui n’a rien perdu de son inspiration burlesque.