Les ailes (Mauritz Stiller, 1916)

Un vieux sculpteur prend pour modèle un beau jeune homme…

C’est la première adaptation du roman de  Herman Bangs Michael avant le beau film réalisé huit ans plus tard par Dreyer. La technique encore un peu primitive et le jeu pas toujours subtil des comédiens font que la mise en scène garde de fâcheux accents théâtraux. A noter un début et une fin « méta-cinématographiques » qui introduisent une sympathique ironie.

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Dans les remous/Le chant de la fleur écarlate (Mauritz Stiller, 1919)

Amoureux d’une fille de ferme, le fils d’un propriétaire terrien quitte le domaine familial et devient flotteur de bois…

La nature n’est pas sublimée par la prise de vue comme elle a pu l’être dans d’autres films suédois, plus lyriques, de l’époque. Forêts, collines et torrents se contentent d’être le cadre réaliste d’un récit hautement moral agrémenté de plusieurs scènes pittoresques au premier rang desquelles figure une fameuse course dans les rapides.

Vers le bonheur (Erotikon, Mauritz Stiller, 1920)

L’épouse d’un entomologiste est courtisée par un jeune sculpteur et un riche baron…

Remarquable succès en son temps, cette fantaisie mondaine montra au public étranger que les Suédois avaient plus d’une corde à leur arc. Si le cosmopolite Stiller avait déjà plusieurs comédies à son actif lorsqu’il entreprit d’adapter la pièce de Ferenc Herczeg, il a été dit (par Billy Wilder notamment) que c’est Erotikon qui influença Ernst Lubitsch d’une façon capitale lorsque le film fut présenté à Berlin au début des années 20. Et il est vrai que le joyeux immoralisme du propos ainsi que le jeu autour des archétypes du mari et de l’amant ont quelque chose de lubitschien. En dehors de ça, Erotikon reste une simple adaptation de théâtre de boulevard interprétée avec talent mais dénuée des observations réalistes d’un Cecil B. DeMille (Why change your wife?). Par ailleurs, l’exposition est longuette et un ballet est intégré au film et symbolise l’action dramatique. Procédé lourdaud s’il en est. Si Erotikon a probablement une importance historique non négligeable, c’est donc un film plutôt médiocre.

La légende de Gösta Berling (Mauritz Stiller, 1924)

En Suède au XIXème siècle, plusieurs femmes se perdent pour un prêtre défroqué…

Dramatisant des oscillations entre déchéance et rédemption typiques des récits de Selma Lagerlöf, La légende de Gösta Berling est une foisonnante saga dont les articulations ne sont pas toujours claires et où les coïncidences dramatiques abondent. Précisons que les nombreuses coupes pratiquées par les différents distributeurs n’aident pas à la compréhension. Il n’empêche : à le découvrir aujourd’hui sur grand écran, on comprend aisément que La légende de Gösta Berling ait été et soit encore considéré comme le chef d’œuvre terminal du cinéma muet suédois. Il s’agit aussi du chef d’œuvre baroque de cette école d’esprit globalement classique. De même que l’inspiration visuelle (c’est le plus beau des quatre films de Mauritz Stiller que je connaisse), le souffle hugolien de la narration ne faiblit jamais. Une séquence comme la fuite nocturne du traîneau poursuivi par les loups sur le lac gelé est à faire figurer dans toutes les anthologies du cinéma muet. La légende de Gösta Berling est également illuminé par la présence d’une étoile alors naissante : Greta Garbo.

La fille de la tourbière (Victor Sjöström, 1917)

Une fille-mère est embauchée par une propriétaire et son fils…

Il y a quelques invraisemblables facilités narratives mais l’intérêt est rehaussé par la dignité du ton et la représentation de la communauté campagnarde, d’un réalisme pittoresque. De plus, l’aisance et l’inventivité du réalisateur sont encore une fois à noter. Ici, son utilisation de la profondeur de champ notamment m’a semblé stupéfiante, compte tenu que le film est sorti en 1917.

Le livre de Selma Lagerlöf fut également adapté par Douglas Sirk en 1935.