Paul Sanchez est revenu ! (Patricia Mazuy, 2018)

Dans le Var, une jeune gendarmette prend à coeur la traque d’un homme qui, ayant assassiné sa famille dix ans auparavant, serait revenu.

Même si elle instrumentalise la schizophrénie de son personnage éponyme pour faire opportunément rebondir son scénario, Patricia Mazuy a réalisé un beau film sur le besoin d’extraordinaire d’autant plus grand et irrationnel que l’ordinaire dans lequel on s’ébroue est morne. S’il y a bien une constante dans l’hétéroclite filmographie de Mazuy, c’est la sourde mise en exergue de l’étroitesse provinciale. Cela enrichit la quête de l’héroïne d’une tonalité grotesque et satirique. Pour autant, l’auteur ne se contente pas de pointer le ridicule ponctuel de ses personnages. Ainsi, dans la séquence où la gendarmette va interroger les maraîchers, le spectateur comprend son exaltation (amplifiée par l’audacieuse musique de John Cale) sans forcément la faire sienne. Dans cet art d’équilibriste réside la richesse de la mise en scène. L’ironie de la fable ne le cède jamais à la tension du thriller. Cette réussite doit énormément à l’interprétation de Zita Hanrot dont chaque geste rend sensible le vacillement obsessionnel de son charmant personnage.

Les beaux jours (Marion Vernoux, 2013)

Une jeune retraitée déprimée par la mort de sa meilleure amie s’inscrit dans un centre d’animations pour le 3ème âge.

Certes, une « certaine justesse » due notamment à la qualité des comédiens ainsi que des thèmes très actuels dans lesquels il est probable que la majorité des spectateurs se retrouve empêchent Les beaux jours d’être absolument inintéressant. Il n’empêche: son indigence esthétique (la musique est particulièrement nulle), ses ressorts narratifs qu’on croirait tirés d’un courrier du coeur de magazine féminin et sa grisaille auto-entretenue en font un concentré presque caricatural de tout ce qui vaut au cinéma français contemporain sa réputation sinistre.