Palio (Alessandro Blasetti, 1931)

Avant la course du Palio de Sienne, des gens manigancent pour mettre le jockey de l’équipe favorite hors d’état de jouer.

La facture (cadres, éclairages, mouvements d’appareil) est de très haute tenue mais, à part voir Sienne et sa fameuse course, ce film au scénario bancal ne présente guère d’intérêt.

Le rappel de la terre (Alessandro Blasetti, 1931)

Un duc revient sur ses terres, qui périclitent à cause de l’absence de chef.

Non, le cinéma italien n’a pas attendu le néo-réalisme pour « sortir les caméras du studio ». Le rappel de la terre s’inscrit aussi évidemment dans l’idéologie fasciste que dans le courant « réaliste et paysan », celui que laboureront Marcel Pagnol et King Vidor quelques années plus tard. Le style de Alessandro Blasetti, chef de file du cinéma fasciste, est ici celui d’un formaliste vraisemblablement influencé par les grands Soviétiques. Moins porté sur le montage que sur les longs mouvements de caméra, il filme la cohésion entre un peuple et son chef contre les prédateurs déracinés. A cause de quelques faux raccords, c’est parfois raté mais on note une technique parlante particulièrement maîtrisée compte tenu de l’année de production. Les gros sabots fallacieusement démonstratifs du récit sont occasionnellement atténués par la pudeur de la mise en scène; ainsi la séquence de l’adieu du duc à la jeune paysanne, d’autant plus belle qu’elle commence par de longs plans éloignés. De belles images de troupeaux de moutons, d’incendies ou de femmes ramassant le foin nourrissent le lyrisme géorgique de l’oeuvre.