Les galeries Levy et Cie (André Hugon, 1932)

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Deux frères juifs à la tête d’un grand magasin sont confrontés à un imposteur se faisant passer pour le cousin et légitime propriétaire de leur bien.

Embarrassant de par sa très profonde nullité plus que de par son supposé racisme. Les personnages sont ici moqués avec plus d’attendrissement que dans Les aventures de Rabbi Jacob par exemple (le film fut interdit par l’occupant allemand).

Le maître de forges (Abel Gance & Fernand Rivers, 1933)

Abandonnée par son aristocratique prétendant qui espérait une grosse dot, une marquise désargentée se marie à un grand ingénieur…

Après bien des rebondissements désuets mis en boîte sans grande imagination et entrecoupées d’images de forge saisissantes mais décorrélées de l’intrigue (dues à Abel Gance?), la tragédie, finalement, se noue et, soutenue par la conviction de Gaby Morlay, émeut.

Topaze (Marcel Pagnol, 1936)

Un instituteur idéaliste et naïf se corrompt au contact de deux notables.

Deuxième adaptation de la célèbre pièce de Pagnol et première version mise en scène par l’auteur lui-même, ce film n’est, à l’instar des deux autres, pas pleinement convaincant. La faute en incombe d’abord à une écriture abstraite et peu réaliste. Dans les chefs d’oeuvre de Pagnol cinéaste, la théâtralité était superbement mariée à un génie des lieux et des paysages naturels qui fait que les historiens du cinéma ont vu en lui, à juste titre, un précurseur du néo-réalisme italien. Or la moitié de Topaze -soit une heure de film- se déroule dans un bureau où deux personnages discutent. C’est d’ailleurs parce que Louis Gasnier et Léopold Marchand, responsables de la première adaptation, avaient osé couper dans ses abondants dialogues que Pagnol a réalisé lui-même ce nouveau Topaze. On ne voit jamais Topaze effectuer les actions qui le transforment moralement, on ne le voit qu’en parler à un tiers. En plus de produire une mise en scène statique et assez ennuyeuse à l’écran, ce recul analytique des protagonistes sur leur conduite, tout à fait invraisemblable, accentue la prééminence de l’auteur sur ses personnages et rend donc prégnant l’artifice de la construction de la fable.

De surcroît, cinématographiquement parlant, Pagnol expérimente ici son nouvel outil d’une façon pas toujours heureuse. Ainsi du premier dialogue entre Topaze et son directeur, découpé sous une bonne demi-douzaine d’angles différentes. Tsui Hark n’aurait pas fait plus brouillon.

Heureusement, la première partie dans l’école, qui rappelle le merveilleux Merlusse, ne manque pas de ce savoureux réalisme propre au meilleur de Pagnol.  Il y a aussi des dialogues succulents, toujours succulents, et un Arnaudy plus à son aise dans le rôle de Topaze que Louis Jouvet (peu crédible en instituteur candide) et Fernandel (pas très crédible en homme d’affaires véreux).