Bobby Deerfield (Sidney Pollack, 1977)

Un champion de Formule 1 tombe amoureux d’une leucémique.

Le sujet de Bobby Deerfield est mélodramatique mais le traitement ne l’est guère. La mise en scène est pudique et la maladie n’est dévoilée que par petites touches: on voit la jeune femme refuser de prendre ses médicaments, on voit des cheveux qui restent dans la main d’Al Pacino lors d’une scène de lit…Cette élégante façon de repousser la révélation dramatique est ce qu’il y a de plus intéressant dans la mise en scène d’un film au style trop appliqué pour emporter pleinement le spectateur. Bobby Deerfield aurait gagné à être épuré sur plusieurs plans. On s’interroge sur la nécessité de la longue séquence de course, on s’interroge sur la nécessité du format large. Heureusement, la musique de Dave Grusin est jolie et insuffle un peu de lyrisme à un ensemble parfois pesant. De plus, les deux acteurs, Al Pacino et Marthe Keller sont excellents. Grâce à eux, le film se regarde sans trop d’ennui.