Rhapsodie hongroise (Hanns Schwarz, 1928)

En Hongrie, un officier désargenté convoite la fille d’un intendant agricole.

La convention assez mièvre du récit fait que la splendeur du Mensonge de Nina Petrovna n’est pas encore atteinte mais la finesse de l’ensemble des interprètes -y compris Dita Parlo- et la sophistication de la mise en scène transfigurent cette convention. Plusieurs séquences de ce film court (à peine plus d’une heure) révèlent le talent d’un grand cinéaste. L’ample vivacité de sa caméra n’a d’égale que l’allégresse avec laquelle il varie les registres.

Les Araignées: le lac d’or (Fritz Lang, 1919)

Un aventurier, Kay Hoog, s’oppose à une société secrète, les Araignées, pour aller chercher un trésor chez les Incas.

Ecrit et réalisé par Fritz Lang à ses débuts, ce premier opus des Araignées est un pur film d’aventures issu du même terreau –populaire, feuilletonesque et exotique- que Tintin ou Indiana Jones. La nature fantaisiste du projet n’a pas empêché le cinéaste de se documenter sérieusement pour les beaux décors inca.

Les scènes d’action sont très bien et exploitent remarquablement les divers éléments du décor, le rythme est trépidant, le suspense est quasiment inventé par Lang dans l’excellente scène d’ouverture, les péripéties s’enchaînent parfaitement, la fin tragique étonne. Bref, Les Araignées: le lac d’or est un film archaïque et très bien mené.

Hara-Kiri (Fritz Lang, 1919)

Un marin européen séduit une Japonaise qui va avoir le malheur de prendre leur mariage très au sérieux.

Cette adaptation de Madame Butterfly par le jeune Fritz Lang est une ennuyeuse niaiserie. Le scénario est cousu de fil blanc, la mise en scène se réduit à du théâtre filmé (qui plus est muet bien évidemment). Eventuellement, les plus fervents des auteuristes pourront s’imaginer le hiératique et méchant chef bouddhiste comme une incarnation de la fatalité préfigurant les futures obsessions du maître. Mais c’est tout.