Pauvres millionnaires (Dino Risi, 1959)

Après s’être disputé avec son épouse, un récent marié est renversé par une riche héritière qui s’entiche de lui tandis qu’il est devenu amnésique.

La facilité de l’argument du héros qui perd la mémoire et la retrouve selon la convenance de narrateurs se souciant peu de crédibilité dénie à Pauvres millionnaires les qualités de vérité humaine et sociale de Pauvres mais beaux. Le trait est plus conventionnel et moins précis bien que certaines scènes, tel celles avec les parents, fassent exception. Toutefois, l’écriture comique est peut-être plus brillante encore que dans le premier volet. Dès le début avec le train qui sépare sans cesse les époux, les auteurs montrent leur talent pour exploiter une situation comique jusqu’au bout et en tirer un maximum de rebondissements. Par ailleurs, plus court, Pauvres millionnaires n’a pas les -légers- problèmes de rythme de son prédécesseur. Bref, Pauvres millionnaires est un film plaisant mais mineur.

Pauvres mais beaux (Dino Risi, 1956)

A Rome, deux amis d’enfance qui passent leur temps à draguer tombent amoureux de la même femme…

La convention de cet argument est vivifiée par la précision de l’ancrage social et géographique. Dès les premières séquences, la caméra de Dino Risi rend évidente le lien d’implication entre, d’une part, l’espace de l’immeuble et, d’autre part, la psychologie des personnages, les gags et le sens du récit. Par ailleurs, de savoureux seconds rôles, en plus d’agrémenter les scènes par leur cocasserie, contribuent à situer les protagonistes familialement, professionnellement et socialement parlant. A sa façon, héritée du néo-réalisme, Pauvres mais beaux est une sorte de documentaire sur les quartiers populaires romains. Moins corrosif qu’il ne le sera plus tard, Dino Risi prend tout de même un malin plaisir à inverser les rôles de la comédie sentimentale: c’est la femme qui se joue de l’amour des hommes, alors proprement ridiculisés. Bref, en dépit d’une longueur légèrement excessive et grâce avant tout à sa mise en scène, réaliste et féconde en trouvailles comiques, Pauvres mais beaux s’avère une bonne comédie italienne, bizarrement oubliée mais heureusement ressortie.