Sur le territoire des Comanches (George Sherman, 1950)

Jim Bowie fait en sorte que les colons frontaliers respectent le traité de paix avec les Comanches, dont le territoire contient des mines d’argent.

Il ne faut pas se fier aux apparences: même si les Indiens ont un beau rôle et que les méchants sont blancs, le fait est que ce film prône l’exploitation des ressources en territoire indien par les Blancs. Pourvu que cette exploitation se fasse dans les termes fixés par le gouvernement américain. Cette petite hypocrisie n’est pas très grave en soi mais révélatrice de l’audace des auteurs: très limitée. De Comanche Territory, il ne faut pas attendre plus que ce qu’avaient à offrir des oeuvrettes de série B comme chaque studio en réalisait des dizaines chaque année. Sa petite originalité est qu’il commence comme une screwball comedy avec Maureen O’Hara qui en fait des tonnes en irascible pionnière. Il s’achève cependant de la façon la plus conventionnelle qui soit. Le rythme soutenu de la narration et la vision, toujours plaisante, de Monument Valley en Technicolor empêchent le spectateur de s’endormir devant ce western routinier au possible.

Count the hours (Don Siegel, 1953)

Un avocat se démène pour innocenter un employé de maison accusé du meurtre de ses patrons.

La rapidité de cette petite série B de la RKO (Benedict Bogeaus à la production) fait oublier les quelques invraisemblables facilités du scénario. Ce scénario contenait la matière d’une satire de la bêtise provinciale ainsi que d’une critique contre le système accusatoire américain mais Don Siegel est dans l’esprit plus proche d’un Phil Karlson que d’un Fritz Lang et il se contente d’emballer ça durement et prestement, quoique son film ne soit pas strictement dénué de petites lourdeurs (le jeu de l’accusé est quelque peu appuyé). Bon film en définitive.