Les rois du gag (Claude Zidi, 1985)

Deux jeunes auteurs comiques sont engagés par un roi de la télévision qui a peur de devenir ringard.

Servi par la vitalité des acteurs, le déchaînement burlesque rendu possible par l’intrigue méta-cinématographique est réjouissant et cent fois plus drôle que la somme des intégrales de Tati et Etaix mais dès que ça commence à vouloir approfondir les personnages et à développer une vision sur le conflit entre culture populaire et culture d’élite, c’est moins convaincant car perpétuellement caricatural. Pas grave.

L’horizon (Jacques Rouffio, 1967)

En 1917, un fantassin en convalescence a une liaison avec la jeune veuve de son cousin.

Ce premier film de Jacques Rouffio, adapté d’un roman Georges Conchon, souffre d’une mise en scène trop statique et d’un rythme un peu plat que la musique de Serge Gainsbourg peine à vivifier. Il est pourtant intéressant à bien des égards. De même que celui de l’émancipation féminine pendant la première guerre mondiale, le problème du vide existentiel du combattant est abordé avec finesse. Les personnages sont caractérisés avec subtilité. Cette impression de tact vient notamment du fait que la désertion n’est jamais évoquée en tant que telle par ces bourgeois bon teint désirant préserver leur unique enfant d’un massacre dont l’absurdité est chaque jour plus flagrante. Jouant une anticonformiste amèrement revenue des illusions de sa classe sociale, Macha Méril est ensorcelante et il est aisé de s’identifier à son amoureux. Quoique insuffisamment présente à l’image, la beauté de la campagne française est fort bien restituée.