Home sweet home (D.W Griffith, 1914)

Brève évocation de la vie de John Howard Payne suivie de trois histoires où sa célèbre chanson, « Home, sweet home », a influencé des gens.

Un des premiers longs-métrages de Griffith. C’est une succession de sketches reliés par un même thème et au service d’une même morale lourdement assenée mais dont les registres sont très variés: comédie de remariage, mélodrame, drame bourgeois. La multiplicité des personnages permet de passer en revue presque tous les acteurs révélés par le maître, en premier lieu la sublime Lilian Gish. On note dans chacun des sketches la pertinente utilisation du montage parallèle et, dans le sketch mélodramatique, une dramatisation des regards et des échelles de plan: un style est entrain d’éclore, qui transfigure des bases théâtrales pour inventer le cinéma. Presque dénué de la fraîcheur réaliste et de la dimension mythique des meilleurs films de Griffith, Home sweet home est intéressant comme un fossile.

Hoodoo Ann (Lloyd Ingraham, 1916)

Une pensionnaire d’un orphelinat est recueillie par un couple…

Comédie produite par Griffith qui fait mesurer combien sa mise en scène pouvait faire la différence. Rien, ici, n’élève un sujet niais au possible. Mae Marsh est trop vieille pour le rôle, la narration s’attarde trop longuement sur des péripéties sans intérêt, aucun sens du cadre et du décor ne vient enraciner l’action par ailleurs mal conduite. Bref, on n’y croit pasune seule seconde et on s’ennuie grandement malgré que ça ne dure qu’un peu plus d’une heure. De loin, Hoodoo Ann est le moins bon des films de la Triangle que j’ai pu voir.

Over the hill (Henry King, 1931)

Les efforts d’une mère de famille américaine sont bien mal récompensés par des enfants ingrats et un mari paresseux.

Chronique d’une famille américaine où la béatitude inhérente au genre est sérieusement tempérée l’absence de reconnaissance de la progéniture. C’est joliment filmé mais le caractère unidimensionnel de chacun des personnages ôte pas mal d’intérêt au récit, récit d’ailleurs très moralisateur. Over the hill est un film mineur de Henry King.