Bagarres (Henri Calef, 1948)

Après avoir fui deux prétendants, une femme se fait embaucher dans une ferme et séduit le maître de maison.

Bagarres cristallise ce que François Truffaut fustigeait à juste titre dans « une certaine tendance du cinéma français »: déroulement programmatique d’un récit sans vie, épaisseur du trait provoquée par l’artifice de l’écriture et la fausseté des théâtreux, dialogues prétentieux mais ineptes et laideur des sentiments trop généralisée pour être honnête.

La guerre des gosses (Jacques Daroy, 1936)

Les gamins de deux villages voisins perpétuent une animosité ancestrale en se faisant la guerre.

C’est exagérément que le manque de visibilité de cette première adaptation du roman de Louis Pergaud par rapport à celle de Yves Robert a fait monter sa cote sur le marché des valeurs cinéphiles. En effet, le film n’est pas mauvais mais dénué de tout éclat particulier. La tendresse de Yves Robert, si elle estompait peut-être la noirceur de l’oeuvre originale, avait le mérite de rendre les personnages mémorables et attachants. Ici, seul le pessimisme allégorique du dénouement insuffle un semblant d’ampleur. L’environnement varois est joli mais nullement mis en valeur par la caméra, les dialogues sont peu inventifs, la progression dramatique à peu près nulle, les personnages d’adultes n’ont pas plus de consistance que les enfants et, bizarrement, les scènes de bataille sont escamotées. Bref, grâce à ses gamins, La guerre des gosses est un film qui se laisse plaisamment regarder mais dont la réputation apparaît surfaite.