Une nuit seulement (Only yesterday, John M.Stahl, 1933)

Un notable reçoit une lettre où une femme avec qui il a couché il y a dix ans lui dit tout son amour.

Soi-disant adapté du livre historique éponyme de Frederick Lewis Allen, Only yesterday reprend en fait la trame de Lettre d’une inconnue de Stefan Zweig. La comparaison avec l’adaptation officielle de la nouvelle, réalisée par Max Ophuls en 1948, ne joue pas en sa faveur tant le style de John Stahl, sec et théâtral, tend vers l’académisme. Ainsi réduites à leur plus simple expression, les saugrenues péripéties du mélo -en particulier la fin- n’en apparaissent que plus consternantes. Cependant, Margaret Sullavan, peut-être l’actrice américaine la plus émouvante des années 30, insuffle à son personnage, et donc au film, une consistance inattendue. De plus, il faut être juste: quelques séquences sont mises en scènes avec attention et sensibilité. Je pense par exemple à la première nuit entre les deux personnages où les scintillements nocturnes, les gros plans sur le visage de l’actrice et un détail concrètement érotique évoquent L’adieu aux armes de Borzage, chef d’oeuvre du cinéma romantique s’il en est.

 

L’ensorceleuse (The shining hour, Frank Borzage, 1938)

Une danseuse ayant épousé un riche fermier est diversement accueillie par sa belle-famille.

Cette adaptation d’une pièce de théâtre se déroule principalement dans de luxueux intérieurs autour de cinq personnages. Ces allures de mélodrame mondain et glacé sont heureusement transcendées par une dernière partie, purement borzagienne, qui tend vers le sublime sacrificiel. La grande et rare Margaret Sullavan déploie alors tous ses talents lacrymaux.