Beaux mais pauvres (Dino Risi, 1957)

A Rome, deux frères fiancés à deux soeurs se voient forcés à travailler par leurs promises…

Cette suite de l’excellent Pauvres mais beaux a le défaut habituel des suites: la grâce d’une réussite est réduite à des formules. Cela se ressent aussi bien dans le découpage, carré mais moins libre, que dans le scénario qui accumule les situations vaudevillesques, assez vainement et parfois à l’encontre de toute logique profonde (les potacheries du nouvel apprenti). La ville de Rome est beaucoup moins présente à l’image. Les auteurs capitalisent essentiellement sur la sympathie, bien réelle, de leur galerie de personnages. Le sujet du film, à savoir l’argent dans le jeune couple de prolos, n’est qu’effleuré et c’est dommage car les quelques dialogues graves, notamment celui entre les deux amies d’enfance qui se rendent compte qu’elles n’attachent pas la même importance à la réussite matérielle, ne manquent pas de justesse. Bref, malgré une poignée de gags marrants et des acteurs toujours aussi amusants, Beaux mais pauvres déçoit.

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Venise, la lune et toi (Dino Risi, 1958)

A Venise, un gondolier sur le point de se marier ne peut s’empêcher de séduire deux touristes américaines…

Une comédie mineure mais rendue tout à fait plaisante par l’abattage de Sordi qui joue un héros d’une veulerie étonnante, l’utilisation habile des ficelles éprouvées de la comedia dell arte (le baiser dans le noir!) et le charme de Venise mise en valeur par un Eastmancolor à la somptuosité inattendue (la luxuriance de certains plans est digne de Minnelli).

Pauvres mais beaux (Dino Risi, 1956)

A Rome, deux amis d’enfance qui passent leur temps à draguer tombent amoureux de la même femme…

La convention de cet argument est vivifiée par la précision de l’ancrage social et géographique. Dès les premières séquences, la caméra de Dino Risi rend évidente le lien d’implication entre, d’une part, l’espace de l’immeuble et, d’autre part, la psychologie des personnages, les gags et le sens du récit. Par ailleurs, de savoureux seconds rôles, en plus d’agrémenter les scènes par leur cocasserie, contribuent à situer les protagonistes familialement, professionnellement et socialement parlant. A sa façon, héritée du néo-réalisme, Pauvres mais beaux est une sorte de documentaire sur les quartiers populaires romains. Moins corrosif qu’il ne le sera plus tard, Dino Risi prend tout de même un malin plaisir à inverser les rôles de la comédie sentimentale: c’est la femme qui se joue de l’amour des hommes, alors proprement ridiculisés. Bref, en dépit d’une longueur légèrement excessive et grâce avant tout à sa mise en scène, réaliste et féconde en trouvailles comiques, Pauvres mais beaux s’avère une bonne comédie italienne, bizarrement oubliée mais heureusement ressortie.