La peur (Roberto Rossellini, 1954)

Après avoir trompé son époux, une mère de famille allemande vit un enfer…

Pour adapter la nouvelle de Stefan Zweig, Rossellini a considérablement « subjectivisé » son style. Loin de l’apparente neutralité qui l’a rendu célèbre, il vise ici à nous identifier à son héroïne tourmentée à grands coups de voix-off, de musique grave, de plans subjectifs et d’éclairages sombres. L’interprétation sensible d’Ingrid Bergman aidant, c’est assez convaincant jusqu’au moment où le film nous montre les auteurs de la machination, rompant alors la logique narrative instaurée jusqu’ici. La fin, très empreinte du catholicisme de Rossellini, rehausse heureusement le niveau de ce drame psychologique par trop appliqué.