Mauprat (Jean Epstein, 1926)

Au XVIIIème siècle, un jeune homme élevé par une famille de bandits sauve l’honneur sa cousine et est recueilli par son grand-oncle…

Médiocre adaptation du roman de George Sand. Les acteurs sont nuls (notamment Nino Constantini et son visage cireux qui n’a rien à voir avec Bernard Mauprat) et la mise en scène peine à restituer l’intensité dramatique des péripéties. Epstein n’a pas le moindre sens du suspense. Il illustre platement et confusément son script. Ce sont les cartons qui prennent en charge l’essentiel de la narration. Reste quelques plans où le décor naturel est joliment appréhendé.

Verdun, visions d’histoire (Léon Poirier, 1928)

« Docu-fiction » sur la bataille de Verdun.

Ce film, réalisé par cette sorte de cinéaste officiel de la IIIème République qu’était Léon Poirier, témoigne parfaitement de l’état de la mémoire française de la Première guerre mondiale dix ans après l’armistice. Comme le disent si bien Bardèche et Brasillach, le ton oscille sans cesse entre Déroulède et Eric Remarque, entre « On les aura! » et « Plus jamais ça » . De nombreuses séquences d’archives mettant en scène des officiels ou des anonymes font office de gage de réalisme. La petite part de fiction est très schématique.

Si Verdun, vision d’histoire ne s’affaisse pas complètement sous sa lourdeur édifiante, c’est grâce au saisissant effet de réel qui naît des -nombreuses- scènes de bataille. Peu découpées, en plans larges, ces tableaux infernaux renvoient à la spécificité ontologique de l’image cinématographique chère à André Bazin. Une séquence très impressionnante parmi d’autres: deux soldats, filmés en plan pas si large que ça, discutent lorsque un obus tombe au milieu d’eux. Il n’y a pas le moindre raccord au moment de la chute de la bombe. D’une certaine façon, il n’y a donc pas le moindre truquage.